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L’affaire Sugaya, l’histoire vraie d’un homme accusé à tort !

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Petite chronique rapide de l’une de mes dernières lectures en date : l’affaire Sugaya de Hiroshi Takano et Kenichi Tachibana, paru chez Delcourt, sous le label Akata.

Sugaya, c’est le nom d’un homme emprisonné à tort pendant 17 ans pour un meurtre qu’il n’a pas commis. Dans le cadre d’un nouveau programme de la Nippon Television Network Corporation, une équipe de journalistes décide de replonger dans l’affaire. Il y a vraiment un truc qui cloche. Un doute est possible, d’autant plus que le coupable n’a cessé de clamer son innocence. Ce manga raconte l’enquête, pas à pas, des journalistes qui vont se battre pour trouver la vérité. Kiyoshi Shimizu et de son équipe vont, à leur manière, changer le Japon : c’est en tout cas le slogan de l’émission pour laquelle ils travaillent, Action.

Tout est dit ais-je envie de dire. Car au-delà du speech, rien d’extraordinaire. J’ai trouvé le dessin relativement classique, de bonne qualité mais sans la petite touche supplémentaire qui le rend vraiment original. Il m’a fallu un peu de temps pour rentrer dans ce manga. Et puis, petit à petit, il faut avouer que l’on se prend au jeu. L’effet de réel, couplé à l’entrainement naturel de ce genre d’enquête poussent à toujours vouloir en savoir plus. L’empathie pour l’accusé à tort et le désir de justice suffisent à tenir debout le propos.

[Affaire-Sugaya-3] Si la manière de raconter est carrément moyenne, l’intérêt des faits est lui indéniable. Plus qu’une histoire, on se plonge dans un reportage sur le reportage. Une expérience intéressante qui a le mérite de changer un peu. Un interview de Sugaya-san et Shimizu-san ponctuent intelligement l’ouvrage. Sorte d’adoubement final des principaux acteurs sur la véracité des faits présentes, c’est assez intéressant. On s’amuse d’ailleurs à voir la ressemblance entre les dessins et les protagonistes réels.

Si vous êtes tatillon sur le « média » manga, passez clairement votre chemin. Les clichés de mise en scène et l’abus de certains stéréotypes auront vite fait de vous gâcher le plaisir. Si vous êtes prêt à faire abstraction, et que la lecture du résumé attise votre curiosité, alors vous pouvez sans doute vous laissez tenter…

Vous hésitez encore ? Besoin d’un autre avis ? Il y a une excellente chronique sur ce manga chez les amis de Pandacore.fr.

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Pluto, retour gagnant vers le futur.

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Décidément, je ne suis pas à jour dans mes lectures. Alors que l’événement manga du moment est la sortie de Billy Bat, le dernier manga en date de Naoki Urasawa et de Takashi Nagasaki, je viens seulement de finir la série Pluto, fruit de leur collaboration précédente.

Avec Taniguchi, Urasawa et selon moi un des plus grands « senseï » du manga adulte (seinen) de notre époque. Des styles radicalement différents séparent les deux hommes, mais l’envergure du talent est quant à elle largement partagée. Il est vrai qu’à part Pluto et le début de Monster, je n’ai pas encore beaucoup lu de Urasawa. Pourtant, ces œuvres me procurent un sentiment unique et rare. Ouvrir un Urasawa, c’est être ébloui par la beauté, le réalisme, et la finesse des traits. C’est découvrir des visages au style unique, mais aussi plonger dans un autre monde, un vrai.

Et c’est bien là ce que je préfère chez cet auteur : le gigantisme et la complétude des mondes qui sont offerts à découvrir. On a littéralement le vertige face au nombre de personnages rencontrés et lieux visités. Le lecteur est ici un explorateur conquis et baladé par la plume du maître. Il est aussi psychologue, et il tente de percer les secrets des personnages et de comprendre la nature complexe des relations qu’ils entretiennent entre eux. Rentrer dans des récits aussi complets et cohérents est tout simplement grisant de plaisir et très confortables pour le lecteur qui n’a qu’a se laisser porter par le cours des événements.


Dans Pluto, Naoki Urasawa s’allie une fois de plus à son fidèle coscénariste, Takashi Nagasaki, pour adapter l’histoire d’Astroy Boy du mangaka Osamu Tezuka. Ce dernier est considéré comme l’un des, si pas le, fondateurs du manga moderne. S’attaquer à un tel mythe était donc carrément risqué, voire suicidaire, mais pas pour Urasawa qui revisite le chapitre initialement paru en 1964 et intitulé « Tetsuwan Atomu : le robot le plus puissant du monde… ».

Autant vous l’avouer tout de suite, je n’ai encore jamais lu un manga de Tezuka. Je vois déjà la foule en colère me « cyberlapider » pour cause de blasphème… Je compte bien remédier à cet état de fait au plus vite. Soyons un peu positifs, l’avantage est que cela me permet de vous donner mon avis sur la série Pluto sur ce qu’elle est, et non sur son rapport avec l’œuvre originale.

Dans Pluto, on est enfait plus tard. Futur où êtres humains et robots hyper perfectionnés vivent et meurent ensemble. Et puis un jour, un meurtre : celui de Mont-Blanc, robot surpuissant, héros de guerre, reconverti en garde forestier protecteur des forêts suisses. Le monde entier est bouleversé et l’enquête de l’inspecteur Gesicht peut alors commencer. Une enquête complexe et prenante, riche en rebondissements, qui ne laisse pas de places aux temps morts. Beaucoup d’interrogations qui trouveront leurs réponses à l’issue de l’aventure, laissant le lecteur pantois d’admiration pour l’agencement général du récit. Urasawa et Nagasaki maîtrisent leur narration du début à la fin et distillent savoureusement les éléments de l’intrigue.

C’est donc sur le mode policier que l’on découvre un univers futuriste qui n’en fait jamais trop. On n’est pas assommé par la profusion de gadgets en tout genre, et on se concentre vraiment sur l’essentiel : la relation entre les hommes et robots. Car si je devais définir Pluto sous un seul angle, ce serait celui d’un jeu de frontières, de limites. Celle entre les humains et les robots est sans doute la plus remarquable : qui est qui ? Résumé en 3 mots de la tension faisant constamment progresser le récit. Jeux de frontière également sur la place des personnages : qui est le héros ? Pas mal de surprises aussi de ce côté-là. Et puis, l’éternelle question de la limite entre le bien et le mal. La conclusion du manga est touchante de naïveté et rappel à ceux qui l’auraient oubliée (lisent-ils seulement des mangas ?) leur âme d’enfant.

La cerise sur le gâteau, c’est la magnifique édition où chaque tome débute par quelques pages en couleurs absolument magnifiques. Je suis fan de ce genre d’excursions colorées qui servent magnifiquement de pivot à la suite en noir et blanc. On apprécie également les commentaires présentés à la fin de chaque livre permettant de mettre en perspective la démarche d’Urasawa/Nagasaki et l’ampleur du phénomène Tezuka à l’époque.

Crédibilité des personnages, profondeur de l’univers, suspens et originalité de l’intrigue… autant de caractéristiques de ce tour de force réalisé par des géants du manga contemporain. Naoki Urasawa et Takashi Nagasaki jouent avec le lecteur, c’est clair… La délicieuse impression d’être baladé par des maîtres qui possèdent toujours une longueur d’avance.

Prochaine étape : Tezuka.

Si vous vous intéressez à Urasawa, il y a UN site francophone à découvrir absolument qui lui est entièrement consacré : www.labasesecrete.fr

Les 8 tomes de la série sont déjà tous paru chez Kana.

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“Le Lézard Noir” - Edogawa Ranpo

Au menu du jour : première incursion dans la littérature japonaise sur watashinokutsu avec « Le Lézard Noir » d’Edogawa Ranpo.

Commençons par la « petite histoire » : Edogawa Ranpo est en fait un pseudonyme, qui est la transposition japonaise de « Edgar Allan Poe ». Vous l’aurez compris, l’auteur était un admirateur de l’écrivain américain et de la littérature policière occidentale en général. Car Tarō Hirai (de son vrai nom) semble être un auteur incontournable pour qui s’intéresse au polar japonais. Il est né en 1894 et l’ouvrage qui nous intéresse a été écrit en 1934.

« Le lézard noir » est un roman policier mettant en scène un personnage récurrent de l’auteur, le détective Akechi Kogoro, un policier surdoué enquêtant sur un cambriolage mystérieux. Suspect numéro un : une femme fatale sans scrupules surnommée… « le lézard noir ». Sans rentrer dans les détails, vous retrouverez les ingrédients « classiques » d’un bon roman policier: course-poursuite, cambriolage, enlèvement, énigmes… J’en passe et des meilleures. Une enquête impossible, sauf pour Akechi, qui semble (presque) toujours avoir une longueur d’avance…

J’ai trouvé la lecture très plaisante et très facile. On se prend vite au jeu de l’enquête, et on jubile d’assister aux bras de fers entre les deux protagonistes principaux. Telle une partie d’échec, le détective et « le lézard noir » s’affrontent au fil des pages, usant d’astuces et de subterfuges pour tenter de plier la partie. Un rythme effréné tout au long des 157 pages qui composent le livre.

Un polar riche en retournements, assez classique certes, mais terriblement efficace. Un peu dans le style du « Mystère de la chambre jaune », d’après les quelques souvenirs qu’il me reste de cette lecture. J’ai été très étonné d’apprendre que le livre avait été écrit en 1934, tant le style de l’auteur m’a paru clair et actuel. Cette impression est sans doute encore renforcée par la qualité de la traduction réalisée par Rose-Marie Makino-Fayolle.

Un classique de la littérature policière japonaise donc, mais facile d’accès et très plaisant à lire. « Le Lézard Noir » est paru aux éditions Picquier Poche, une maison d’édition spécialisée dans la littérature asiatique…affaire à suivre !

Site des éditions Picquier

Source : Edogawa Ranpo sur wikipédia

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