Billets comportant le tag Japonais
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La version mise en page et les photos sont disponibles sur la nouvelle version du blog: http://www.watashinokutsu.be
Apprendre le japonais à Charleroi : nouveaux cours à partir de la rentrée 2012
watashinokutsu / 14 août 2012 / Parler / Permalien Edit
Suite à un commentaire sur Facebook (rejoignez-nous!), je me fais ici le relais d’une information qui pourrait en intéresser plus d’un(e) ! En effet, les Cours Commerciaux Communaux de Charleroi ouvrent un cours du soir de japonais (niveau débutant 1 et 2) à partir de la rentrée 2012.
Voici quelques informations :
Durée des cours : 3h, de 18 h à 21 h en soirée la semaine.
Prix : environ 45€ (chiffre donné à titre indicatif, à vérifier lors de l’inscription). Les cours sont gratuits pour les 15-18 ans, les chômeurs, les minimexés et les personnes handicapées.
Qui ? Le professeur est Jean-Michel Abrassart, lecteur du blog, marié à une Japonaise et qui utilisera principalement la méthode « Minna no Nihongo ». Vous pouvez en apprendre plus sur lui via son profil Linkedin. Concernant les objectifs des différents niveaux, qui est mieux placé que le sensei en personne pour en parler :
L’UF1 correspond à « japonais de la survie », l’UF2 à « vrai débutant » (pour donner une idée). En UF1 on voit les hiraganas, katakanas et environ une trentaine de kanjis de base. Le but est qu’à la fin de l’UF2 les élèves puissent passer le test kanken niveau 10 (lecture/écriture de 80 kanjis) {…}.
Si vous êtes intéressés, les cours commencent dès la première semaine de septembre. Pour toute information supplémentaire, contactez directement l’école :
Cours commerciaux communaux de Charleroi
Boulevard Emile Devreux
276000 CHARLEROI
Tél. 071-33 30 43.
Ca me paraît être un tout bon plan si vous habitez là région carolo, et en plus vous pourrez toujours allez manger au Tayiyou après les cours pour vous donner du courage.
Alors, qui se met au japonais à la rentrée ? Vous connaissez d’autres endroits où il est possible d’apprendre le japonais en Belgique (et environs) ? Quelles sont vos impressions ?
Si vous aussi vous avez envie de faire passer une information en rapport avec la culture japonaise en général (événements, cours, activités,…), n’hésitez pas à laisser un commentaire ici, sur Facebook ou sur Twitter. Vous pouvez également m’envoyer directement un message via le formulaire. Si l’information cadre avec la philosophie de watashinokutsu.be, je me ferai un plaisir de la relayer.
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Je vais commencer par ce qui sera la conclusion : il y a vraiment quelque chose d’unique dans ce reportage. Sans hésité, « Sur la route d’Okinawa » est vraiment un des plus beaux documentaires qu’il m’a été donné de voir sur le Japon.
Ce qui touche d’abord, c’est la démarche : traverser le Japon en partant de son extrême nord (le cape Soya dans la préfecture de Wakkanai) pour arriver à son extrême sud-ouest sur l’île d’Okinawa. 3000 kilomètres à vol d’oiseau, 6000 kilomètres réellement parcourus, le tout en stop et en « solitaire ».
Aux antipodes de Pékin express et autres «aventures» préfabriquées, on touche ici à l’essence de ce que signifie le mot « voyage ». Éblouissant de sincérité, Pascal Cardeilhac est juste humain, entre fragilité sincère et émerveillement contenu. Il tombe juste, sans jamais en faire trop. On est loin, très loin, des clichés habituels: pas de « wouaw » à tous les coins de rue, juste un partage d’expérience profondément poétique. Car la prouesse est ici de faire ressentir de si près et en finesse cette ambiance typiquement japonaise.
Ce qui touche aussi, ce sont les Japonais, tout simplement. Preuve est encore faite de leur grande générosité. Des dizaines de rencontres, souvent incroyables, que nous partageons avec beaucoup de plaisir au fil de la chaîne de solidarité qui permet à notre aventurier d’avancer dans son périple. Qu’il est bien triste de les quitter.
La réalisation est évidemment travaillée, le monsieur est monteur de profession et cela se sent. Comment ne pas penser à « J’irai dormir chez vous » de Antoine de Maximy quand on regarde ce reportage ? Même si les concepts se rapprochent un peu et que certaines images « autofilmées » se ressemblent vaguement, l’ambiance générale est totalement différente. « Sur la route d’Okinawa » est un reportage qui a bien sa propre personnalité, beaucoup plus « zen ». On est ici au cœur d’une aventure que l’on sent profondément personnelle et non pas dans un concept décliné à l’infini, peu importe les rencontres ou les pays visités. La cerise sur le gâteau, c’est la bande originale composée par l’auteur lui-même et Alix Delmas. Ici encore, démonstration est faite du talent et de la qualité de la démarche. Enivrante et sans chichi, le documentaire sans elle ne serait définitivement pas le même. C’est d’ailleurs bien la première fois que j’écoute la B.O. d’un documentaire.
Un film à découvrir absolument. Comment ? Le dernier épisode sera diffusé le samedi 24 mars à 22 : 05 sur France 5. Vous pouvez également vous rendre sur le site officiel www.surlaroutedokinawa.com et commander le DVD au prix de 20€. La B.O. est également disponible au prix de 8.99€ (disponible également sur Deezer). Il y a également pas mal de contenus intéressants sur le blog de l’auteur, histoire de prolonger un peu le plaisir.
Merci pour ce voyage et toutes ces émotions vécues par procuration. J’espère troquer bien vite le canapé pour les chaussures de marche et le sac à dos.
Alors oui, décidément, il y a vraiment quelque chose d’unique dans ce reportage.
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Envie d’un petit moment « Japon » dans la région de Charleroi ? J’ai testé pour vous le restaurant Taiyiyou. Situé à Marcinelle, cet établissement fonctionne sur le principe des teppanyaki. Cette cuisine japonaise utilise une grande plaque chauffante autour de laquelle les convives sont assis. Le chef prépare en « live » les plats commandés : rapidité, précision du geste, jonglage et lancé de salière sont au programme : le repas devient ici un vrai spectacle.

C’était pour moi une grande première, je ne pourrai donc pas comparer avec d’autres établissements du même genre. Soyons original avec un point négatif pour commencer : l’accueil a été un peu froid. A la décharge du personnel, il est vrai que nous n’avions pas réservé en avance et que nous voulions vraiment profiter du spectacle et des plats assis autour d’une table de cuisson. Ce petit moment de flottement derrière nous, nous avons pu nous installer et enfiler notre kimono pour l’ambiance, et contre les taches (voir le passage sur le lancer d’omelette). Le personnel s’est ensuite montré sympathique, et notamment le chef qui a vraiment pris le temps de préparer nos plats avec le sourire. Le service est resté parfois maladroit, mais rien de catastrophique.

Passons maintenant au principal : j’ai bien mangé ! J’ai pris un menu 6 services orienté « poisson » : sushi, miso, calamars, saumon, thon… J’ai également eu la chance de goûter le menu pour les carnivores qui, lui aussi, était très bon. La méthode de cuisson des aliments et les huiles utilisées donnent un goût savoureux aux différents plats. Évidemment l’attrait de ce genre de lieu est aussi dans le « show ». Le chef était très sympathique, et est resté discret tout en mettant l’ambiance avec quelques tours de passe-passe. Le lancer d’omelette semble être le passage obligé et est assez marrant, moyennant un peu d’humour. Au final, on est hypnotisé par les gestes rapides, mais toujours délicats du cuistot. Le principe teppanyaki est très « exotique » et propose une expérience vraiment différente. Je comprends mieux le succès de ce genre de restaurant et je vous conseille d’essayer au moins une fois.
Concernant la décoration, je vous laisse vous faire votre propre opinion grâce aux photos. À noter que Taiyiyou propose aussi des sushi, sashimi et des bento. Les sushi goûtés dans mon menu étaient bons, j’y retournerai sans doute pour me faire un avis plus précis à leur propos.

En guise de conclusion, je vous propose une petite « check-list » des choses à prévoir si vous décidez d’aller au Taiyiyou :
- du temps, car pour un menu 6 services il faut facilement compter entre 2h30 et 3h.
- un habillement léger, car qui dit taques de cuisson, kimono, et digestion, dit température « tropicalo-caniculaire » (j’exagère un peu quand même).
- une réservation, histoire que la gestion des places autour des tables soit plus facile pour le restaurant.
- de l’appétit, car 6 services, mine de rien, c’est copieux !


Coordonnées du restaurant Taiyiyou:Avenue de Philippeville 242, 6001 Marcinelle.
Tel : 071/511.558
GSM : 0484/652.348
Ouvert tous les jours entre 11h30-14h30 et 17h30-22h30.
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Je suis un nouveau venu dans l’univers de l’animation. C’est un tout nouveau monde culturel qui s’offre moi. J’ai évidemment commencé par les incontournables du studio Ghibli, pour enchaîner sur l’excellent Sword of the Stanger, et pour finalement arriver sur mon dernier coup de cœur en date : Summer Wars de Mamoru Hosoda.
Un petit synopsis pour les curieux. Kenji Koiso est un lycéen normal, sauf qu’il est prodige des maths. Il travaille l’été pour le service informatique d’OZ, une sorte de réseau social hyper abouti et qui compte des millions d’utilisateurs. Une amie lui demande de l’accompagner à un repas de famille pour préparer la fête d’anniversaire de la grand-mère. Jusque-là tout va bien, mais les préparatifs vont vite être perturbés lorsqu’un pirate s’introduit dans OZ et commence à attaquer les utilisateurs.
Le point fort de cet anim est certainement son scénario. Je l’ai trouvé très costaud, original, constamment à cheval entre deux mondes magnifiquement réalisés au niveau graphique. Les designers d’OZ sont d’ailleurs cités « à part » dans le générique, signe de l’importance accordée dans la réalisation à l’articulation entre ces deux réalités. Le scénario est rythmé et on ne s’ennuie pas sur les quasi 2 heures qui composent le film. Une bonne dose d’action, de la poésie, et de l’humour, avec toujours ce côté décalé que l’on adore dans les productions japonaises. On comprend mieux la qualité du film lorsque l’on découvre le c.v. de Monsieur Hosoda : certes ce n’est pas Miyazaki, mais c’est tout de même assez impressionnant.

J’ai trouvé cet animé très lumineux et coloré, aussi bien dans l’histoire que dans sa réalisation. Ne vous y trompez pas, même si héros principal il y a, c’est bien le destin de toute une famille, le clan « Jinouchi », que l’on suit dans Summer Wars. Et c’est pour moi le plus grand atout du film, ce côté « collectif », avec plein de personnages différents et tous très attachants. Ça crie, ça rigole, ça saute dans tous les sens… un dessin animé bel et bien vivant!
S’il y a bien une morale au film, elle nous fait l’honneur de ne pas tomber dans le panneau de l’anti-internet primaire. On retiendra plutôt tous les bons sentiments, certes pas très originaux, mais qui ont le don de mettre le moral au « top ». Bon, allez, je l’avoue, moi aussi je passerais bien un été mouvementé chez les Jinouchi…
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Le héros de ce manga mange. Non pas qu’il mange entre autres choses, non. Il ne fait que manger ou presque. On ne sait quasi rien de lui, si ce n’est qu’il est importateur d’accessoires de mode. Un concept intrigant et, avouons-le, assez risqué. Sauf que…

Sauf qu’au dessin, c’est Jirô Taniguchi. Vous le connaissez sans doute : il est certainement un des mangakas les plus connus de ce côté-ci du monde. Le public francophone semble vivre une véritable histoire d’amour avec ce dernier et j’ai l’impression que beaucoup sont tombés dans le manga grâce à lui. Il avoue d’ailleurs lui-même être un passionné de BD « franco-belge ». Son œuvre la plus connue est sans doute « Quartier Lointain », qui a été adaptée au cinéma par le réalisateur belge Sam Gabarski.
Pas la peine de vous mentir, je suis fan. Je le considère d’ailleurs comme un des « sensei » du manga contemporain. Je trouve ses dessins magnifiques et touchants. Les regards, mais quels regards ! Taniguchi-san possède son style bien à lui, quitte à s’écarter des « codes » du manga. Certains lui reprochent d’ailleurs son côté occidentalisé : ce ne serait pas du « vrai » manga ! La question des genres et de leurs évolutions est évidemment intéressante, mais certainement pas sur le mode binaire vrai/faux. On évitera donc ici ce genre de considérations.

Dans « Le Gourmet Solitaire », on retrouve tous ce que j’aime chez Taniguchi. Des personnages vivants : il n’est pas besoin de deviner l’émotion de la scène, il suffit juste de l’apprécier. Ce qui fait toute la différence. Concernant les décors, ceux-ci sont plus vrais que nature et très présents. Il donne force et cohérence au récit. On est loin des vides géométriques présents dans certaines autres œuvres, sans pour autant tomber dans la démontratin technique.
Au niveau du scénario, j’ai trouvé très peu d’informations sur Masayuki Kusumi, si ce n’est qu’il a également collaboré avec Jirô Taniguchi pour un manga intitulé « Le Promeneur ». Même si le principe de base du « Gourmet Solitaire » peut faire peur, celui-ci se révèle très intéressant. On accompagne le héros dans ses choix de restaurants, de plats. On vit ses hésitations, ses joies, ses déceptions. Il est vrai que choisir un endroit où manger, surtout lorsqu’on ne connaît pas, peut s’avérer être un casse-tête assez complexe. Qui n’a jamais hésité, tourné en rond plusieurs minutes, avant de finalement se décider à tester ce petit restaurant à l’apparence carrément sordide, mais dont les clients sortent tous-sourires? La postface, une nouvelle écrite par le scénariste, a pour sujet ce genre de petites aventures du quotidien.
Chaque chapitre du manga est composé de 8 pages et porte le nom d’une spécialité régionale. J’ai donc beaucoup appris sur la gastronomie japonaise : certaines cases décrivent même la composition des plats commandés par notre gourmet solitaire. Alors oui, évidemment, je le conseille. Si vous ne connaissez pas Jirô Taniguchi, commencez peut-être par un manga plus « classique », comme « Quartier Lointain », qui est sans doute plus accessible au premier abord. Par contre, si vous hésitiez à franchir le pas par peur du scénario, je vous invite à vous laisser tenter.
Un petit avertissement pour terminer cette chronique: je vous déconseille de lire ce manga avant d’aller dormir, car même si « qui dort dîne », l’appétit, ici, vient en lisant.
« Le Gourmet Solitaire » est paru chez Casterman dans la collection Sakka.
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Je vous ai récemment présenté la librairie Aoki Shoten. Il est maintenant temps mettre fin à ce suspens insoutenable en vous dévoilant la deuxième étape de cette journée « 100% Japon » à Bruxelles : le Nagomi Superstore. Située chaussée de Vleurgat, à deux pas de l’avenue Louise, cette épicerie japonaise a su trouver les arguments pour alléger mon portefeuille. Qu’en sera-t-il du vôtre ?
Superstore Nagomi, c’est toute une gamme de produits typiquement japonais : nouilles instantanées, sauce soja, algues, riz, tofu, miso… j’en passe et des meilleurs. L’épicerie est assez petite, mais elle s’étend sur deux étages ce qui lui permet d’offrir pas mal de choix.

Un petit aperçu de mes achats ? Une bouteille d’Owa beer, tout d’abord. Histoire de commencer par un produit belgo-nippon. Cette bière est produite par un Japonais vivant en Belgique. A base de riz, je l’avais trouvée très bonne lors de la Japan Expo Belgium. Je me suis aussi pris du thé vert en bouteille, il paraît que c’est une des boissons les plus répandues dans l’archipel. Côté nourriture, je me suis évidemment offert quelques sachets de nouilles instantanées. Pour le dessert, une petite boîte de financiers au thé vert qui se sont avérés…à tomber par terre ! Un délice !
L’attrait du lieu réside aussi dans son « coin recettes ». Vous pourrez vous servir librement de recettes utilisant les produits vendus dans les rayons du magasin. Technique commerciale plus que pratique et vraiment intéressante pour les non-initiés à la gastronomie japonaise.

Nagomi Superstore offre également un service traiteur. L’idéal semble être de commander vos sushi/sashimi à l’avance si vous passez dans le coin. Pour couronner le tout, le magasin est situé à deux pas de l’excellentissime restaurant Izaka-ya, dont je vous parlerai très prochainement…
Et vous, chers lecteurs, avez-vous déjà testé le Nagomi Superstore ? Connaissez-vous d’autres bonnes adresses du style sur Bruxelles ?
Retrouvez tous les produits et le magasin virtuel sur : http://www.nagomi.be/
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Une femme japonaise © Bianchetti/Leemage
Le père Noël, particulièrement bien inspiré, a eu l’excellente idée de m’offrir un de ces petits livres qu’on peine à refermer : « Au Japon ceux qui s’aiment ne disent pas je t’aime ». Elena Janvier nous proposent son dictionnaire de la vie au Japon. Forme plurielle plus que méritée: derrière ce patronyme se cachent en fait 3 femmes ayant vécu dans l’archipel nippon.
Mise en situation : 1585, le père jésuite portugais Luis Fróis écrit «Européens & Japonais, traité sur les contradictions et différences de mœurs». Près de 400 ans plus tard, les auteures reprennent le flambeau et décident d’écrire la suite dans un petit livre paru chez Arléa, dans la collection « Flâneries japonaises ».
L’agencement en abécédaire des différents sujets, voyageant d’un mot à une page entière, offre une certaine légèreté à l’œuvre. Elle se laisse lire, par-ci par-là, au gré du hasard ou de l’esprit du moment. Le résultat est qu’on en apprend beaucoup sur la vie et les coutumes des Japonais, pour le meilleur (la pharmacie japonaise classique propose toute une série des produits d’entretien pour la maison), parfois pour le pire (la peine de mort par pendaison y est encore en vigueur, même si elle est relativement peu courante).
Mais bien plus encore, c’est le style que l’on appréciera, tout en jeu et poésie. Un regard amusé, amusant et authentique. Morceaux choisis :
« Escalators : {…} Les rampes d’escalators de Kyoto, on mangerait dessus (à condition d’être rapide). Parce qu’il y a des gens dont le boulot est de nettoyer les rampes d’escalators. Des brigades de nettoyeurs de rampes d’escalators. Ils montent et descendent toute la journée, un chiffon à la main. Résultat, pas d’hésitation, on s’accroche. Les nettoyeurs de rampes d’escalators aussi sans doute, parce qu’il vaut mieux avoir une vie intérieure très riche pour faire un boulot pareil.»
«Feuilles mortes : En France, on peut shooter dans les tas de feuilles mortes. Au Japon, c’est difficile, il semblerait qu’elles soient ramassées une par une au fur et à mesure de leur chute. Peut-être même en plein vol, c’est fort possible »
Au final, un principe assez classique réalisé de manière profondément originale. On s’étonne, se réjouit, s’attriste. Une invitation à la découverte de tous ces petits riens qui font toute la différence.
Site de l’éditeur : http://www.arlea.fr/Au-Japon-ceux-qui-s-aiment-ne
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Dans Sabu et Ichi, on est plongé en plein cœur de la période Edo (1600-1868). Période évidemment fascinante, et largement présente dans notre imaginaire collectif avec les figures du samouraï, du shogun ou de la geisha. Époque où Tokyo ne s’appelait pas encore Tokyo, mais bien… je vous le donne en mille… Edo.
Le manga de Shôtarô Ishinomori est servi par un casting qui, à lui seul, vaut son pesant de cacahuètes. Sabu est un shitappiki, sorte d’inspecteur de police local. Il est expert dans le lancé de corde, pratique qui n’a, malheureusement, jamais connu un franc succès de ce côté-ci de la planète. Ichi, quant à lui, est un masseur aveugle. Derrière ce c.v. pas très sexy se cache en fait un as du maniement du sabre, possédant une intelligence hors pairs et un « cœur à mille yeux ». Manga paru initialement entre 1966 et 1972, l’édition française se propose de réunir les 17 volumes en 4 tomes de plus de 1000 pages chacun. Le prix pourra paraître élevé (29€), impression rapidement balayée par la qualité de l’œuvre, de son édition, et bien sûr,son épaisseur.
Les deux compères, lorsqu’ils ne s’affrontent pas au go, nous proposent de partager leurs enquêtes souvent mouvementées. Car Sabu et Ichi, c’est vraiment ça : une suite de petites histoires absolument géniales. Je ne résiste pas à vous donner quelques titres de chapitres afin de vous mettre l’eau à la bouche : « Les cadavres sans têtes », « Sang et Neige », « Le chien fou »… On n’est pas très loin de la parabole et je ne peux m’empêcher de voir une petite morale à la fin de chaque épisode. Pas la grande Morale non, mais bien la petite morale, cachée et poétique, celle que l’on aime et qui nous touche.
Au niveau du dessin, le style est évidemment très différent de ce qui se fait actuellement. J’ai particulièrement apprécié l’évolution au fil du tome : sur 1000 pages, en plus de suivre la progression des personnages, on suit l’évolution du mangaka qui s’affirme et mûrit son style. Lien absolument génial entre le récit et la façon dont il est raconté. Rien que pour ça, cela vaut la peine de jeter un œil et de comparer la première page avec la dernière. Concernant les dialogues, ils ont parfois l’air de sortir de vieux films d’action, ce qui accentue sympathiquement le côté « rétro » de Sabu et Ichi. Regardez d’ailleurs cette planche trouvée au hasard de mes recherches sur internet…

Paru chez Kana, dans la collection Sensei, on peut saluer le gros travail de l’éditeur concernant l’adaptation. Pas toujours simple de comprendre les références de l’époque, mais celles-ci sont bien expliquées dans de nombreux commentaires. L’avantage est qu’on en apprend beaucoup, même si parfois, le rythme de lecture en pâtit un peu. Quelques points négatifs sont malgré tout à signaler. Je dois admettre que j’ai parfois du mal à comprendre la logique de certains passages. Il est aussi difficile de distinguer certains personnages secondaires, notamment féminins, qui ont une fâcheuse tendance à se ressembler. J’avais également éprouvé les mêmes difficultés en lisant l’excellent Kuzuryû, du même auteur et paru dans la même collection (…et que je vous recommande !). Autre époque, autre bout du monde, ceci explique sans doute cela. Mais pas la peine de s’affoler, le tout reste très accessible et plaisant à lire. Dernier petit détail pratique, la grosseur du tome ne rend pas sa lecture toujours très confortable, même si l’on apprécie le format plus grand la moyenne.
En conclusion, il serait plus que triste d’attaquer ce manga fleuve en sprintant, sous peine d’overdose. Non, au contraire, je vous conseille de vous faire plaisir et de le déguster chapitre par chapitre, progressivement. Ce manga de Shôtarô Ishinomori a vraiment une saveur particulière, pour qui saura prendre son temps…
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Comme annoncé sur Twitter (@watashinokutsu pour les distraits), j’ai eu la chance de passer une journée 100% japonaise en plein coeur de Bruxelles. Bien évidemment, je vais me faire un plaisir de vous détailler cette aventure sur le blog dans les semaines à venir…
Rendez-vous donc au numéro 123 de l’Avenue des Meuniers pour le départ de cette journée. Pour bien commencer, nous avions décidé de nous rendre dans une librairie japonaise bruxelloise : Aoki Shoten.
Première surprise, au bout du cul-de-sac, la « Japanese School of Brussels ». Je ne savais pas qu’un tel établissement existait en Belgique. Arrivé sur le temps midi, en pleine sortie d’école, j’ai eu la chance de me rendre compte de l’importance de la diaspora japonaise présente dans notre capitale. Après ce petit tour du quartier, je suis donc rentré dans ce que le ZOOM Japon (N.15, novembre 2011) présente comme « la seule librairie-papeterie japonaise de Belgique ». Pas la peine de tourner autour du pot, ce fut un moment très authentique, dès le pas de la porte franchi. L’accueil chaleureux est en japonais, mais vu nos têtes de gaijin et mon faible niveau dans la langue, le français a ensuite été de mise.
La première impression est assez déroutante : fini les inscriptions en romaji, sauf sur les dictionnaires et les ouvrages destinés à l’apprentissage de la langue. C’est ce qui m’a le plus séduit : la libraire et véritablement destinée aux Japonais de Belgique. Vous y trouverez donc romans, magazines, journaux, … Un bel aperçu de ce qui doit se vendre à l’autre bout du monde.
La librairie possède également une belle collection de livres pour enfants. Ce qui est évidemment intéressant pour les débutants, qui commencent rarement une langue par des traités de philosophie, ou des analyses politico-économiques de conflits armés… Une belle opportunité de trouver des ouvrages simples écrits principalement en hiragana/katakana/furigana.
Librairie japonaise oblige, vous trouverez également quelques mangas en V.O, neufs et d’occasion. Le choix est relativement limité et assez ciblé enfance. J’ai malgré tout trouvé un exemplaire du tome 5 de « Pluto » de Naoki Urasawa à un prix plus que démocratique. Pour couronner le tout, vous aurez également droit à un assortiment de fournitures scolaires, toutes plus kawaii les unes que les autres. La gomme en forme de maki est d’ailleurs totalement inévitable.
Voici une petite photo de mes achats : Pluto, un livre d’histoires niveau 1ère primaire et un guide de conversation illustré:
Et les prix, me direz-vous ? Importation oblige, ils sont relativement élevés, sauf pour les mangas d’occasion. Mais que cela ne vous fasse pas peur, et au pire, contentez vous d’y aller faire un tour pour prendre un petit bol d’air japonais en attendant le départ. Si vous êtes perdu, n’hésitez pas à demander conseil, je suis sûr que l’on se fera un plaisir de vous aider…
Groupe Facebook de Aoki Shoten
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Pour ceux qui seraient passés à côté, je tenais vraiment à revenir sur le travail du photographe belge Anton Kusters. Un travail photographique magnifique sur un sujet pourtant « tabou » : le monde des yakuzas. Le photographe, originaire d’Hasselt, a réussi à être intégré et accepté par le monde mafieux japonais, allant jusqu’à pouvoir photographier les funérailles d’un des leaders de cette organisation criminelle.
Anton Kusters a donc suivi pendant près de 2 ans les membres d’une famille, dont le territoire était celui du quartier de Kabukicho, connu notamment pour ses prostituées. Une famille de 1200 membres, alors que le nombre total de yakuzas est estimé à 86000. Je vous ais mis quelques photographies en illustration, mais le mieux est évidemment de se rendre directement sur le site de l’auteur. Vous pouvez aussi vous procurez le livre de photos, intitulé « Odo Yakuza Tokyo » et qui en est à sa deuxième édition. Dans l’interview accordée au site satellitevoices.com, Anton Kusters parle de son futur projet : essayer de réaliser un documentaire…
Sources :http://www.satellitevoices.com/tokyo/photography/1507/anton-kusters-meets-the-yakuza
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Au menu du jour : première incursion dans la littérature japonaise sur watashinokutsu avec « Le Lézard Noir » d’Edogawa Ranpo.
Commençons par la « petite histoire » : Edogawa Ranpo est en fait un pseudonyme, qui est la transposition japonaise de « Edgar Allan Poe ». Vous l’aurez compris, l’auteur était un admirateur de l’écrivain américain et de la littérature policière occidentale en général. Car Tarō Hirai (de son vrai nom) semble être un auteur incontournable pour qui s’intéresse au polar japonais. Il est né en 1894 et l’ouvrage qui nous intéresse a été écrit en 1934.
« Le lézard noir » est un roman policier mettant en scène un personnage récurrent de l’auteur, le détective Akechi Kogoro, un policier surdoué enquêtant sur un cambriolage mystérieux. Suspect numéro un : une femme fatale sans scrupules surnommée… « le lézard noir ». Sans rentrer dans les détails, vous retrouverez les ingrédients « classiques » d’un bon roman policier: course-poursuite, cambriolage, enlèvement, énigmes… J’en passe et des meilleures. Une enquête impossible, sauf pour Akechi, qui semble (presque) toujours avoir une longueur d’avance…
J’ai trouvé la lecture très plaisante et très facile. On se prend vite au jeu de l’enquête, et on jubile d’assister aux bras de fers entre les deux protagonistes principaux. Telle une partie d’échec, le détective et « le lézard noir » s’affrontent au fil des pages, usant d’astuces et de subterfuges pour tenter de plier la partie. Un rythme effréné tout au long des 157 pages qui composent le livre.
Un polar riche en retournements, assez classique certes, mais terriblement efficace. Un peu dans le style du « Mystère de la chambre jaune », d’après les quelques souvenirs qu’il me reste de cette lecture. J’ai été très étonné d’apprendre que le livre avait été écrit en 1934, tant le style de l’auteur m’a paru clair et actuel. Cette impression est sans doute encore renforcée par la qualité de la traduction réalisée par Rose-Marie Makino-Fayolle.
Un classique de la littérature policière japonaise donc, mais facile d’accès et très plaisant à lire. « Le Lézard Noir » est paru aux éditions Picquier Poche, une maison d’édition spécialisée dans la littérature asiatique…affaire à suivre !
Site des éditions Picquier
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Lorsque l’on habite en Belgique, difficile d’asseoir un quelconque sentiment « patriotique » sur une histoire millénaire (le pays a été créé en 1830), remplie de conquêtes (18 jours, le temps pour les nazis d’envahir le pays tout entier), et de personnages mythiques (Plastic Bertrand ?). Par la force des choses, on se contente donc d’être content pour toute une série de petites choses, dont la plus importante est certainement le fait d’arriver à se réjouir pour toute une série de petites choses… Ce qui est selon moi la caractéristique principale de l’« esprit belge », en admettant qu’il existe.
Il est vrai que la Belgique a récemment acquis une nouvelle notoriété pour avoir battu le record du monde dans la catégorie « absence de gouvernement », avec un score de 545 jours. Même si les différends entre les communautés occupent tout l’espace médiatique et politique, il est encore possible de trouver quelques spécialités qui mettent tout le monde d’accord. Parmi celles-ci, la bière : le pays compte environs 140 brasseries pour un total de 800 bières différentes (chiffres variant en fonction des sources, et de l’ego de l’auteur). Pour les amateurs, une diversité paradisiaque concentrée sur un tout petit territoire. Vous l’aurez compris, si un jour vous croisez un Belge à l’étranger, vous aurez une chance sur deux qu’il vous parle de bière, et une chance sur deux qu’il vous parle de chocolat, mais ça, c’est une autre histoire.
Quel rapport avec le Japon, me direz-vous ? Et bien, je suis tombé par hasard sur le site du « Belgian Beer Weekend » organisé à… Tokyo et Osaka. Concernant la version tokyoïte, c’est près de 21.000 personnes qui se sont donnés rendez-vous du 8 au 11 septembre 2011. L’édition d’Osaka, quant à elle, a eu lieu début juin et a réuni 13.000 visiteurs.
Au menu, une sélection de 48 bières belges, le tout accompagné par des plats typiques (frites, gaufres…) et par des concerts d’artistes belges. À y regarder de plus près, on retrouve évidemment les stars « trappistes » habituelles, comme la Chimay ou l’Orval, ainsi que quelques bières plus originales, comme la Kriek Belle-Vue réalisée à base de cerises. De quoi proposer à nos amis japonais un bel aperçu de ce qui se fait de mieux dans notre petit pays!
L’occasion pour les sociétés importatrices de faire la promotion de leurs produits, et pour la Belgique se présenter sous son meilleur jour. L’événement étant évidemment soutenu par notre ambassade au Japon.
Alors qui sait, rendez-vous lors d’une édition future pour un live en « direct » du Japan Beer Weekend ? En attendant, vous pouvez toujours visiter le site traduit en anglais, ou encore mieux : venir directement à la source, en Belgique !
PS : Même Michael Jackson a écrit un ouvrage intitulé « Grandes Bières de Belgique » … excusez du peu !
Source: site officiel du Belgian Beer Weekend
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Toujours dans l’idée d’explorer différents aspects de la culture japonaise, j’écoutais il y a quelques jours des « Top Oricon » disponibles sur youtube. Ces hits-parades japonais sont, pour le meilleur et pour le pire, un bon aperçu de ce qui transite par les écouteurs de nos amis du bout du monde.
Malgré une oreille souvent trop « difficile » et perméable, j’ai eu l’attention attirée par un groupe: Radwimps. Ce groupe rock m’a interpellé, aussi bien au niveau visuel que sonore et j’ai eu l’envie de vous faire partager cette découverte. Radwimps (littéralement « super-mauviettes » (source) s’est formé en 2001 et à sorti à ce jour 6 albums, dont le dernier en 2011.
Autant vous le dire tout de suite, de ce que j’ai pu écouter, je n’ai pas tout aimé. Mais 2 chansons m’ont particulièrement plu : {おしゃかしゃま} et DADA.
Pour la première, j’ai beaucoup aimé le riff guitare : complexe mais efficace, un juste milieu. La fin part un peu en sucette, mais pourquoi pas ? Je vous conseille de l’écouter plusieurs fois : à la première écoute, j’ai pas du tout accroché.
Concernant la chanson “Dada”, j’ai trouvé le clip terrible. Le tout est très sympa, bouge bien, et puis en étant motivé, on peut essayer de suivre les “sous-titres”…
Évidemment, niveau paroles, je ne comprend pas (encore)… mais j’y travaille…!
Sources :http://www.nautiljon.com/people/radwimps.html http://en.wikipedia.org/wiki/Radwimps
Site officiel :
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J’ai récemment posté sur le blog la chanson “Yamayo Yamayo” extraite du film The Taste of Tea sorti en 2004. Extrait, cela dit en passant, absolument pas représentatif du reste du film… quoi que !
L’histoire se résume facilement: on suit le quotidien d’une famille, les Haruno, habitant dans un village de la campagne japonaise. Le récit avance au fur et à mesure de tranches de vie des 6 protagonistes principaux : Hajime, le fils , sa petite soeur Ayano, leurs parents, leur oncle et leur grand père assez… loufoque ! Cinq destins différents, qui se croisent pourtant dans la maison de famille, véritable scène principale de l’action.
A la fin du film, j’avoue que je suis resté assez perplexe sans savoir si j’avais apprécié ou pas. Après quelques semaines, j’ai revu par hasard un extrait du film à l’occasion de mon cours de japonais… C’est à ce moment que toute la qualité de l’oeuvre m’a sauté aux yeux. Cet extrait montrait plusieurs scènes qui, a priori, n’avaient aucun point commun, suscitant d’ailleurs des réactions plus que dubitatives des autres étudiants. Pourtant, en ayant vu le film, je pouvais comprendre chacun des passages en les reliant au destin personnel des protagonistes. La prouesse du réalisateur se situe là : il arrive au final à donner une véritable cohérence à toutes ces histoires, articulant le tout en un film résolument original.

Il est vrai que certains passages sont plus obscurs, et qu’il n’est pas toujours facile, avec notre esprit occidental, de comprendre la portée symbolique de certaines scènes. Le rythme du film, et plus particulièrement son début, peut quant à lui paraître particulièrement lent. Pourtant, je pense vraiment qu’il mérite qu’on s’y attarde. Profondément poétique, Katsuhito Ishii propose une histoire simple et anodine. Cette “gratuité” du récit est quelque chose que j’apprécie vraiment, l’art de raconter l’ordinaire. Repeindre le-tout-les-jours et le monsieur-tout-le-monde est pour moi exploit. En ce sens, je rapprocherais d’ailleurs le “gout du thé” à un manga comme Undercurrent de Tetsuya Toyoda. Pas de message caché, de morale, ou d’intention volontaire de divertir. Juste un appel à rentrer dans un monde, à la fois terriblement proche, mais constamment “à côté”. Cet écart systématique est une autre caractéristique qui me fascine dans la culture japonaise, et qui est illustrée à merveille dans ce film. Il y a souvent ce quelque chose qui “cloche”, un point incompréhensible, fou, qui oblige à s’interroger sur ce qu’on est, et sur la culture dans laquelle on vit.
Je pense que ça vaut la peine de se laisser tenter par The Taste of Tea, qui en définitive, me laisse une bonne impression. J’ai vraiment le sentiment d’avoir vu un OVNI cinématographique. Sans doute parce que je suis novice dans le cinéma japonais, mais aussi parce que ce film propose une expérience très différente. Et puis, si ça peut vous encourager, j’ai trouvé la fin vraiment magnifique.
Un film à essayer donc, mais sans se forcer…
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“Ce livre est le dernier que je dédie à ma défunte femme, Kiho. À tous ceux qui ont perdu un être cher. À tous ceux qui ont des êtres chers auprès d’eux - Juin 2010 - Kentarô Ueno”.
C’est ainsi que commence “Sans même nous dire au revoir”, un manga exceptionnel paru récemment chez Kana. Dés la couverture, le ton est donné : les larmes se superposent au dessin. Le mangaka, se définissant lui-même comme étant d’habitude “humoristique et satirique”, nous raconte ici comment il a vécu le décès soudain de sa femme. Une œuvre autobiographique, qui raconte l’auteur et se raconte. Le récit, jour après jour, du deuil d’un mari devant malgré tout rester père… D’un mangaka voulant à tout prix continuer à dessiner…
Un manga d’une rare émotion, évidemment. L’histoire simple d’un drame pouvant arriver à n’importe qui, n’importe quand. C’est cette banalité, ce “en-le-commun”, qui donne toute sa force à ce récit. Un morceau triste d’une vie particulière, qui pourtant touche à l’universalité de l’émotion… de l’être l’humain.
Cependant, l’émotion ne fait pas tout. Il est vrai que ce manga est parfois décousu, pas toujours sublime, mais quel exploit d’arriver à sortir une production d’une si grande sincérité face à une telle épreuve. L’auteur réalise un coup de maître : malgré la douleur et l’atrocité des événements, il nous livre un excellent manga, tout simplement. Kentarô Ueno arrive à mettre des traits et partager à sa façon de vivre l’incompréhensible de l’existence, l’injustice finale, la mort de ceux que l’on aime… C’est ce qui m’a le plus touché : la simplicité avec laquelle ce manga a été dessiné. Sans maquillage et sans fioriture. Un manga qui est et sera lu: la plus belle preuve d’amour pour sa femme…?
Ce manga aurait pu être un “regardez-moi” ou “un coup commercial”. Mais c’est tout l’inverse : juste un “voici mon histoire et la manière dont je l’ai vécue” et un “je t’aime”. Vous l’aurez compris, ce manga n’est pas un manga ordinaire… Vous aimerez, ou pas, mais je suis sûr qu’il vous marquera… Et si ça m’arrivait ?