Billets comportant le tag asie
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Eh oui ! Après seulement quelques mois d’existence, le blog déménage sur www.watashinokutsu.be !
Je n’abandonne par pour autant mes amis tumblr ! Je continuerai pendant un certain temps à publier de nouveaux articles ici aussi !
Mais je vous encourage vivement à venir me rejoindre sur le nouveau site : plus facile, plus joli, plus ergonomique… N’oubliez pas de changer votre flux RSS ;-)
A tout de suite sur www.watashinokutsu.be…
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Une femme japonaise © Bianchetti/Leemage
Le père Noël, particulièrement bien inspiré, a eu l’excellente idée de m’offrir un de ces petits livres qu’on peine à refermer : « Au Japon ceux qui s’aiment ne disent pas je t’aime ». Elena Janvier nous proposent son dictionnaire de la vie au Japon. Forme plurielle plus que méritée: derrière ce patronyme se cachent en fait 3 femmes ayant vécu dans l’archipel nippon.
Mise en situation : 1585, le père jésuite portugais Luis Fróis écrit «Européens & Japonais, traité sur les contradictions et différences de mœurs». Près de 400 ans plus tard, les auteures reprennent le flambeau et décident d’écrire la suite dans un petit livre paru chez Arléa, dans la collection « Flâneries japonaises ».
L’agencement en abécédaire des différents sujets, voyageant d’un mot à une page entière, offre une certaine légèreté à l’œuvre. Elle se laisse lire, par-ci par-là, au gré du hasard ou de l’esprit du moment. Le résultat est qu’on en apprend beaucoup sur la vie et les coutumes des Japonais, pour le meilleur (la pharmacie japonaise classique propose toute une série des produits d’entretien pour la maison), parfois pour le pire (la peine de mort par pendaison y est encore en vigueur, même si elle est relativement peu courante).
Mais bien plus encore, c’est le style que l’on appréciera, tout en jeu et poésie. Un regard amusé, amusant et authentique. Morceaux choisis :
« Escalators : {…} Les rampes d’escalators de Kyoto, on mangerait dessus (à condition d’être rapide). Parce qu’il y a des gens dont le boulot est de nettoyer les rampes d’escalators. Des brigades de nettoyeurs de rampes d’escalators. Ils montent et descendent toute la journée, un chiffon à la main. Résultat, pas d’hésitation, on s’accroche. Les nettoyeurs de rampes d’escalators aussi sans doute, parce qu’il vaut mieux avoir une vie intérieure très riche pour faire un boulot pareil.»
«Feuilles mortes : En France, on peut shooter dans les tas de feuilles mortes. Au Japon, c’est difficile, il semblerait qu’elles soient ramassées une par une au fur et à mesure de leur chute. Peut-être même en plein vol, c’est fort possible »
Au final, un principe assez classique réalisé de manière profondément originale. On s’étonne, se réjouit, s’attriste. Une invitation à la découverte de tous ces petits riens qui font toute la différence.
Site de l’éditeur : http://www.arlea.fr/Au-Japon-ceux-qui-s-aiment-ne
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Dans Sabu et Ichi, on est plongé en plein cœur de la période Edo (1600-1868). Période évidemment fascinante, et largement présente dans notre imaginaire collectif avec les figures du samouraï, du shogun ou de la geisha. Époque où Tokyo ne s’appelait pas encore Tokyo, mais bien… je vous le donne en mille… Edo.
Le manga de Shôtarô Ishinomori est servi par un casting qui, à lui seul, vaut son pesant de cacahuètes. Sabu est un shitappiki, sorte d’inspecteur de police local. Il est expert dans le lancé de corde, pratique qui n’a, malheureusement, jamais connu un franc succès de ce côté-ci de la planète. Ichi, quant à lui, est un masseur aveugle. Derrière ce c.v. pas très sexy se cache en fait un as du maniement du sabre, possédant une intelligence hors pairs et un « cœur à mille yeux ». Manga paru initialement entre 1966 et 1972, l’édition française se propose de réunir les 17 volumes en 4 tomes de plus de 1000 pages chacun. Le prix pourra paraître élevé (29€), impression rapidement balayée par la qualité de l’œuvre, de son édition, et bien sûr,son épaisseur.
Les deux compères, lorsqu’ils ne s’affrontent pas au go, nous proposent de partager leurs enquêtes souvent mouvementées. Car Sabu et Ichi, c’est vraiment ça : une suite de petites histoires absolument géniales. Je ne résiste pas à vous donner quelques titres de chapitres afin de vous mettre l’eau à la bouche : « Les cadavres sans têtes », « Sang et Neige », « Le chien fou »… On n’est pas très loin de la parabole et je ne peux m’empêcher de voir une petite morale à la fin de chaque épisode. Pas la grande Morale non, mais bien la petite morale, cachée et poétique, celle que l’on aime et qui nous touche.
Au niveau du dessin, le style est évidemment très différent de ce qui se fait actuellement. J’ai particulièrement apprécié l’évolution au fil du tome : sur 1000 pages, en plus de suivre la progression des personnages, on suit l’évolution du mangaka qui s’affirme et mûrit son style. Lien absolument génial entre le récit et la façon dont il est raconté. Rien que pour ça, cela vaut la peine de jeter un œil et de comparer la première page avec la dernière. Concernant les dialogues, ils ont parfois l’air de sortir de vieux films d’action, ce qui accentue sympathiquement le côté « rétro » de Sabu et Ichi. Regardez d’ailleurs cette planche trouvée au hasard de mes recherches sur internet…

Paru chez Kana, dans la collection Sensei, on peut saluer le gros travail de l’éditeur concernant l’adaptation. Pas toujours simple de comprendre les références de l’époque, mais celles-ci sont bien expliquées dans de nombreux commentaires. L’avantage est qu’on en apprend beaucoup, même si parfois, le rythme de lecture en pâtit un peu. Quelques points négatifs sont malgré tout à signaler. Je dois admettre que j’ai parfois du mal à comprendre la logique de certains passages. Il est aussi difficile de distinguer certains personnages secondaires, notamment féminins, qui ont une fâcheuse tendance à se ressembler. J’avais également éprouvé les mêmes difficultés en lisant l’excellent Kuzuryû, du même auteur et paru dans la même collection (…et que je vous recommande !). Autre époque, autre bout du monde, ceci explique sans doute cela. Mais pas la peine de s’affoler, le tout reste très accessible et plaisant à lire. Dernier petit détail pratique, la grosseur du tome ne rend pas sa lecture toujours très confortable, même si l’on apprécie le format plus grand la moyenne.
En conclusion, il serait plus que triste d’attaquer ce manga fleuve en sprintant, sous peine d’overdose. Non, au contraire, je vous conseille de vous faire plaisir et de le déguster chapitre par chapitre, progressivement. Ce manga de Shôtarô Ishinomori a vraiment une saveur particulière, pour qui saura prendre son temps…
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Comme annoncé sur Twitter (@watashinokutsu pour les distraits), j’ai eu la chance de passer une journée 100% japonaise en plein coeur de Bruxelles. Bien évidemment, je vais me faire un plaisir de vous détailler cette aventure sur le blog dans les semaines à venir…
Rendez-vous donc au numéro 123 de l’Avenue des Meuniers pour le départ de cette journée. Pour bien commencer, nous avions décidé de nous rendre dans une librairie japonaise bruxelloise : Aoki Shoten.
Première surprise, au bout du cul-de-sac, la « Japanese School of Brussels ». Je ne savais pas qu’un tel établissement existait en Belgique. Arrivé sur le temps midi, en pleine sortie d’école, j’ai eu la chance de me rendre compte de l’importance de la diaspora japonaise présente dans notre capitale. Après ce petit tour du quartier, je suis donc rentré dans ce que le ZOOM Japon (N.15, novembre 2011) présente comme « la seule librairie-papeterie japonaise de Belgique ». Pas la peine de tourner autour du pot, ce fut un moment très authentique, dès le pas de la porte franchi. L’accueil chaleureux est en japonais, mais vu nos têtes de gaijin et mon faible niveau dans la langue, le français a ensuite été de mise.
La première impression est assez déroutante : fini les inscriptions en romaji, sauf sur les dictionnaires et les ouvrages destinés à l’apprentissage de la langue. C’est ce qui m’a le plus séduit : la libraire et véritablement destinée aux Japonais de Belgique. Vous y trouverez donc romans, magazines, journaux, … Un bel aperçu de ce qui doit se vendre à l’autre bout du monde.
La librairie possède également une belle collection de livres pour enfants. Ce qui est évidemment intéressant pour les débutants, qui commencent rarement une langue par des traités de philosophie, ou des analyses politico-économiques de conflits armés… Une belle opportunité de trouver des ouvrages simples écrits principalement en hiragana/katakana/furigana.
Librairie japonaise oblige, vous trouverez également quelques mangas en V.O, neufs et d’occasion. Le choix est relativement limité et assez ciblé enfance. J’ai malgré tout trouvé un exemplaire du tome 5 de « Pluto » de Naoki Urasawa à un prix plus que démocratique. Pour couronner le tout, vous aurez également droit à un assortiment de fournitures scolaires, toutes plus kawaii les unes que les autres. La gomme en forme de maki est d’ailleurs totalement inévitable.
Voici une petite photo de mes achats : Pluto, un livre d’histoires niveau 1ère primaire et un guide de conversation illustré:
Et les prix, me direz-vous ? Importation oblige, ils sont relativement élevés, sauf pour les mangas d’occasion. Mais que cela ne vous fasse pas peur, et au pire, contentez vous d’y aller faire un tour pour prendre un petit bol d’air japonais en attendant le départ. Si vous êtes perdu, n’hésitez pas à demander conseil, je suis sûr que l’on se fera un plaisir de vous aider…
Groupe Facebook de Aoki Shoten
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Pour ceux qui seraient passés à côté, je tenais vraiment à revenir sur le travail du photographe belge Anton Kusters. Un travail photographique magnifique sur un sujet pourtant « tabou » : le monde des yakuzas. Le photographe, originaire d’Hasselt, a réussi à être intégré et accepté par le monde mafieux japonais, allant jusqu’à pouvoir photographier les funérailles d’un des leaders de cette organisation criminelle.
Anton Kusters a donc suivi pendant près de 2 ans les membres d’une famille, dont le territoire était celui du quartier de Kabukicho, connu notamment pour ses prostituées. Une famille de 1200 membres, alors que le nombre total de yakuzas est estimé à 86000. Je vous ais mis quelques photographies en illustration, mais le mieux est évidemment de se rendre directement sur le site de l’auteur. Vous pouvez aussi vous procurez le livre de photos, intitulé « Odo Yakuza Tokyo » et qui en est à sa deuxième édition. Dans l’interview accordée au site satellitevoices.com, Anton Kusters parle de son futur projet : essayer de réaliser un documentaire…
Sources :http://www.satellitevoices.com/tokyo/photography/1507/anton-kusters-meets-the-yakuza
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Au menu du jour : première incursion dans la littérature japonaise sur watashinokutsu avec « Le Lézard Noir » d’Edogawa Ranpo.
Commençons par la « petite histoire » : Edogawa Ranpo est en fait un pseudonyme, qui est la transposition japonaise de « Edgar Allan Poe ». Vous l’aurez compris, l’auteur était un admirateur de l’écrivain américain et de la littérature policière occidentale en général. Car Tarō Hirai (de son vrai nom) semble être un auteur incontournable pour qui s’intéresse au polar japonais. Il est né en 1894 et l’ouvrage qui nous intéresse a été écrit en 1934.
« Le lézard noir » est un roman policier mettant en scène un personnage récurrent de l’auteur, le détective Akechi Kogoro, un policier surdoué enquêtant sur un cambriolage mystérieux. Suspect numéro un : une femme fatale sans scrupules surnommée… « le lézard noir ». Sans rentrer dans les détails, vous retrouverez les ingrédients « classiques » d’un bon roman policier: course-poursuite, cambriolage, enlèvement, énigmes… J’en passe et des meilleures. Une enquête impossible, sauf pour Akechi, qui semble (presque) toujours avoir une longueur d’avance…
J’ai trouvé la lecture très plaisante et très facile. On se prend vite au jeu de l’enquête, et on jubile d’assister aux bras de fers entre les deux protagonistes principaux. Telle une partie d’échec, le détective et « le lézard noir » s’affrontent au fil des pages, usant d’astuces et de subterfuges pour tenter de plier la partie. Un rythme effréné tout au long des 157 pages qui composent le livre.
Un polar riche en retournements, assez classique certes, mais terriblement efficace. Un peu dans le style du « Mystère de la chambre jaune », d’après les quelques souvenirs qu’il me reste de cette lecture. J’ai été très étonné d’apprendre que le livre avait été écrit en 1934, tant le style de l’auteur m’a paru clair et actuel. Cette impression est sans doute encore renforcée par la qualité de la traduction réalisée par Rose-Marie Makino-Fayolle.
Un classique de la littérature policière japonaise donc, mais facile d’accès et très plaisant à lire. « Le Lézard Noir » est paru aux éditions Picquier Poche, une maison d’édition spécialisée dans la littérature asiatique…affaire à suivre !
Site des éditions Picquier
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Lorsque l’on habite en Belgique, difficile d’asseoir un quelconque sentiment « patriotique » sur une histoire millénaire (le pays a été créé en 1830), remplie de conquêtes (18 jours, le temps pour les nazis d’envahir le pays tout entier), et de personnages mythiques (Plastic Bertrand ?). Par la force des choses, on se contente donc d’être content pour toute une série de petites choses, dont la plus importante est certainement le fait d’arriver à se réjouir pour toute une série de petites choses… Ce qui est selon moi la caractéristique principale de l’« esprit belge », en admettant qu’il existe.
Il est vrai que la Belgique a récemment acquis une nouvelle notoriété pour avoir battu le record du monde dans la catégorie « absence de gouvernement », avec un score de 545 jours. Même si les différends entre les communautés occupent tout l’espace médiatique et politique, il est encore possible de trouver quelques spécialités qui mettent tout le monde d’accord. Parmi celles-ci, la bière : le pays compte environs 140 brasseries pour un total de 800 bières différentes (chiffres variant en fonction des sources, et de l’ego de l’auteur). Pour les amateurs, une diversité paradisiaque concentrée sur un tout petit territoire. Vous l’aurez compris, si un jour vous croisez un Belge à l’étranger, vous aurez une chance sur deux qu’il vous parle de bière, et une chance sur deux qu’il vous parle de chocolat, mais ça, c’est une autre histoire.
Quel rapport avec le Japon, me direz-vous ? Et bien, je suis tombé par hasard sur le site du « Belgian Beer Weekend » organisé à… Tokyo et Osaka. Concernant la version tokyoïte, c’est près de 21.000 personnes qui se sont donnés rendez-vous du 8 au 11 septembre 2011. L’édition d’Osaka, quant à elle, a eu lieu début juin et a réuni 13.000 visiteurs.
Au menu, une sélection de 48 bières belges, le tout accompagné par des plats typiques (frites, gaufres…) et par des concerts d’artistes belges. À y regarder de plus près, on retrouve évidemment les stars « trappistes » habituelles, comme la Chimay ou l’Orval, ainsi que quelques bières plus originales, comme la Kriek Belle-Vue réalisée à base de cerises. De quoi proposer à nos amis japonais un bel aperçu de ce qui se fait de mieux dans notre petit pays!
L’occasion pour les sociétés importatrices de faire la promotion de leurs produits, et pour la Belgique se présenter sous son meilleur jour. L’événement étant évidemment soutenu par notre ambassade au Japon.
Alors qui sait, rendez-vous lors d’une édition future pour un live en « direct » du Japan Beer Weekend ? En attendant, vous pouvez toujours visiter le site traduit en anglais, ou encore mieux : venir directement à la source, en Belgique !
PS : Même Michael Jackson a écrit un ouvrage intitulé « Grandes Bières de Belgique » … excusez du peu !
Source: site officiel du Belgian Beer Weekend
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Toujours dans l’idée d’explorer différents aspects de la culture japonaise, j’écoutais il y a quelques jours des « Top Oricon » disponibles sur youtube. Ces hits-parades japonais sont, pour le meilleur et pour le pire, un bon aperçu de ce qui transite par les écouteurs de nos amis du bout du monde.
Malgré une oreille souvent trop « difficile » et perméable, j’ai eu l’attention attirée par un groupe: Radwimps. Ce groupe rock m’a interpellé, aussi bien au niveau visuel que sonore et j’ai eu l’envie de vous faire partager cette découverte. Radwimps (littéralement « super-mauviettes » (source) s’est formé en 2001 et à sorti à ce jour 6 albums, dont le dernier en 2011.
Autant vous le dire tout de suite, de ce que j’ai pu écouter, je n’ai pas tout aimé. Mais 2 chansons m’ont particulièrement plu : {おしゃかしゃま} et DADA.
Pour la première, j’ai beaucoup aimé le riff guitare : complexe mais efficace, un juste milieu. La fin part un peu en sucette, mais pourquoi pas ? Je vous conseille de l’écouter plusieurs fois : à la première écoute, j’ai pas du tout accroché.
Concernant la chanson “Dada”, j’ai trouvé le clip terrible. Le tout est très sympa, bouge bien, et puis en étant motivé, on peut essayer de suivre les “sous-titres”…
Évidemment, niveau paroles, je ne comprend pas (encore)… mais j’y travaille…!
Sources :http://www.nautiljon.com/people/radwimps.html http://en.wikipedia.org/wiki/Radwimps
Site officiel :
Ami lecteur, n’hésite pas à partager avec moi tes bon plans musicaux dans les commentaires ci-dessous, sur facebook ou sur twitter ! Je suis toujours à la recherche de nouvelles découvertes!
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J’ai récemment posté sur le blog la chanson “Yamayo Yamayo” extraite du film The Taste of Tea sorti en 2004. Extrait, cela dit en passant, absolument pas représentatif du reste du film… quoi que !
L’histoire se résume facilement: on suit le quotidien d’une famille, les Haruno, habitant dans un village de la campagne japonaise. Le récit avance au fur et à mesure de tranches de vie des 6 protagonistes principaux : Hajime, le fils , sa petite soeur Ayano, leurs parents, leur oncle et leur grand père assez… loufoque ! Cinq destins différents, qui se croisent pourtant dans la maison de famille, véritable scène principale de l’action.
A la fin du film, j’avoue que je suis resté assez perplexe sans savoir si j’avais apprécié ou pas. Après quelques semaines, j’ai revu par hasard un extrait du film à l’occasion de mon cours de japonais… C’est à ce moment que toute la qualité de l’oeuvre m’a sauté aux yeux. Cet extrait montrait plusieurs scènes qui, a priori, n’avaient aucun point commun, suscitant d’ailleurs des réactions plus que dubitatives des autres étudiants. Pourtant, en ayant vu le film, je pouvais comprendre chacun des passages en les reliant au destin personnel des protagonistes. La prouesse du réalisateur se situe là : il arrive au final à donner une véritable cohérence à toutes ces histoires, articulant le tout en un film résolument original.

Il est vrai que certains passages sont plus obscurs, et qu’il n’est pas toujours facile, avec notre esprit occidental, de comprendre la portée symbolique de certaines scènes. Le rythme du film, et plus particulièrement son début, peut quant à lui paraître particulièrement lent. Pourtant, je pense vraiment qu’il mérite qu’on s’y attarde. Profondément poétique, Katsuhito Ishii propose une histoire simple et anodine. Cette “gratuité” du récit est quelque chose que j’apprécie vraiment, l’art de raconter l’ordinaire. Repeindre le-tout-les-jours et le monsieur-tout-le-monde est pour moi exploit. En ce sens, je rapprocherais d’ailleurs le “gout du thé” à un manga comme Undercurrent de Tetsuya Toyoda. Pas de message caché, de morale, ou d’intention volontaire de divertir. Juste un appel à rentrer dans un monde, à la fois terriblement proche, mais constamment “à côté”. Cet écart systématique est une autre caractéristique qui me fascine dans la culture japonaise, et qui est illustrée à merveille dans ce film. Il y a souvent ce quelque chose qui “cloche”, un point incompréhensible, fou, qui oblige à s’interroger sur ce qu’on est, et sur la culture dans laquelle on vit.
Je pense que ça vaut la peine de se laisser tenter par The Taste of Tea, qui en définitive, me laisse une bonne impression. J’ai vraiment le sentiment d’avoir vu un OVNI cinématographique. Sans doute parce que je suis novice dans le cinéma japonais, mais aussi parce que ce film propose une expérience très différente. Et puis, si ça peut vous encourager, j’ai trouvé la fin vraiment magnifique.
Un film à essayer donc, mais sans se forcer…
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“Ce livre est le dernier que je dédie à ma défunte femme, Kiho. À tous ceux qui ont perdu un être cher. À tous ceux qui ont des êtres chers auprès d’eux - Juin 2010 - Kentarô Ueno”.
C’est ainsi que commence “Sans même nous dire au revoir”, un manga exceptionnel paru récemment chez Kana. Dés la couverture, le ton est donné : les larmes se superposent au dessin. Le mangaka, se définissant lui-même comme étant d’habitude “humoristique et satirique”, nous raconte ici comment il a vécu le décès soudain de sa femme. Une œuvre autobiographique, qui raconte l’auteur et se raconte. Le récit, jour après jour, du deuil d’un mari devant malgré tout rester père… D’un mangaka voulant à tout prix continuer à dessiner…
Un manga d’une rare émotion, évidemment. L’histoire simple d’un drame pouvant arriver à n’importe qui, n’importe quand. C’est cette banalité, ce “en-le-commun”, qui donne toute sa force à ce récit. Un morceau triste d’une vie particulière, qui pourtant touche à l’universalité de l’émotion… de l’être l’humain.
Cependant, l’émotion ne fait pas tout. Il est vrai que ce manga est parfois décousu, pas toujours sublime, mais quel exploit d’arriver à sortir une production d’une si grande sincérité face à une telle épreuve. L’auteur réalise un coup de maître : malgré la douleur et l’atrocité des événements, il nous livre un excellent manga, tout simplement. Kentarô Ueno arrive à mettre des traits et partager à sa façon de vivre l’incompréhensible de l’existence, l’injustice finale, la mort de ceux que l’on aime… C’est ce qui m’a le plus touché : la simplicité avec laquelle ce manga a été dessiné. Sans maquillage et sans fioriture. Un manga qui est et sera lu: la plus belle preuve d’amour pour sa femme…?
Ce manga aurait pu être un “regardez-moi” ou “un coup commercial”. Mais c’est tout l’inverse : juste un “voici mon histoire et la manière dont je l’ai vécue” et un “je t’aime”. Vous l’aurez compris, ce manga n’est pas un manga ordinaire… Vous aimerez, ou pas, mais je suis sûr qu’il vous marquera… Et si ça m’arrivait ?
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“Japon, la fabrique des futurs” est un tout petit livre (78 pages) avec un tout petit prix (4€) que je vous conseille vraiment si vous avez envie d’en apprendre un peu plus sur le Japon. L’auteur, Jean-François Sabouret est un sociologue français s’intéressant notamment à l’éducation et à la société japonaise. Il a été directeur de recherche au CNRS et est le directeur du réseau Asie - Imasie depuis 2006.
Il propose un véritable regard transversal sur le pays, en abordant de front des questions liées à la culture, l’économie, la politique… Regard scientifique certes, mais accessible grâce à un bonne vulgarisation et à un style d’écriture agréable. L’auteur place donc le Japon dans sa trajectoire temporelle, replongeant dans l’histoire du pays pour analyser ses perspectives d’avenir. Longtemps pressenti comme nouveau leader mondial, devant les USA et la Chine, il occupe actuellement la troisième place. Jean-François Sabouret place aussi l’archipel dans son contexte géopolitique en abordant notamment les relations “amour-haine” avec la Chine. L’auteur soulève aussi la question d’une possible “Union asiatique” dans un futur plus ou moins proche, ressemblant à ce que nous connaissons avec l’Union européenne.
Quelques chiffres cités par l’auteur et qui m’ont particulièrement frappé:
- Tokyo, c’est 42 millions d’habitants répartis sur la plaine du Kanto. Un chiffre inconcevable lorsque l’on habite dans un pays de 11 millions d’habitants et quand l’on sait que cette plaine fait justement la même superficie que ce pays, la Belgique.
- Il y a environ 22 milliards de passagers dans les trains japonais chaque année.
- Le Japon est un archipel de 6852 îles…
Au delà de ces chiffres vertigineux, j’ai particulièrement été frappé par les notions japonaises de propriété immobilière et foncière qui sont complètement différentes. A causes des nombreux (micro)séismes, l’auteur affirme qu’il est nécessaire de reconstruire les maisons tous les 30 ans environs. L’important est donc d’avoir un terrain qui perdurera, même en cas de séisme, plutôt qu’une maison qui risque de disparaître. Des conceptions de l”avoir” et du “chez-soi” radicalement différentes de celles d’ici.
L’auteur aborde également la pensée “cool Japan” omniprésente actuellement, et dont ce blog est un des nombreux avatars présents sur la toile. Ce phénomène est comparable à une pensée “cool USA” apparue à l’issue de la deuxième guerre mondiale, et concrétisée par la diffusion en masse de musique, de films et bien sûr, de produits américains. La question qui me vient immédiatement à l’esprit est : pourquoi ? Pourquoi ce pays nous/me fascine tant ? La réponse à cette question est forcément complexe et je tenterai de vous amener, cher lecteurs, quelques pistes de réflexions sur ce blog au fur et à mesure de mes inspirations…
Vous l’aurez compris, j’ai apprécié cette lecture qui propose une synthèse plaisante et accessible de quelques notions clés pour bien comprendre le pays du soleil levant (zut, je m’étais juré de ne jamais utiliser ce synonyme…).
Pour aller plus loin :Une interview de Jean-Francois Sabouret sur le tsunami du 11 mars sur le blog de Leïla Marchand.
Une interview de l’auteur réalisée par Le Monde sur l’art de vivre japonais.
Une interview radio réalisée par France Info à propos du livre.
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Extrait d’un film japonais excellent : The Taste of Tea. Pas aussi WTF que ça en à l’air au final. N’empêche ce passage est culte… J’en reparlerai certainement très bientôt sur watashinokutsu.
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Amis routiers, cet article risque de vous intéresser fortement ! Dekotora, c’est une passion née au Japon dans les années 70 consistant à décorer son camion. C’est tout ? C’est vrai que dit comme ça, c’est pas forcément original. Mais une fois qu’on voit le résultat, il faut avouer que c’est assez… impressionnant ! On se croirait à Las Vegas et on se dit que le “Père Noël” de Coca-Cola ferait mieux d’arrêter de faire le malin et d’aller se racheter deux douzaines de bons vieux rennes.
Le/la Dekotora est une subculture née au départ de la passion de quelques routiers, et qui a rapidement été popularisée par de films à grands succès, dont un des premiers semble être “Truck Rascals” sorti en 1974 :
Ce film puis bien d’autres ont largement popularisé ce “tuning XXL” dans tout l’archipel. Phénomène accentué par l’économie florissante du pays dans les années 70. Un engouement d’une telle importance que mêmes les enfants ont voulu imiter les grands avec le dekochari {デコチャリ}, la décoration de vélos :
Difficile d’imaginer l’importance de cette subculture, et de ce qu’il en reste aujourd’hui, quand on est à l’autre bout du monde. Malgré tout, je ne peux m’empêcher de replonger dans un souvenir d’enfance : le Megazord, démonstration ultime de dekotora?
C’est une vidéo sur le site vice.com qui m’a donné l’envie d’en savoir plus sur cette subculture. Si vous aimez les MINI (sponsors de la séquence) ou si vous vous sentez capables de faire abstraction des commentaires niais de la copilote, ça vaut la peine de jeter un coup d’œil ici: http://www.vice.com/allthewrongplaces-2/japan-dekotora-trucksPS: pensez à prendre de la vitamine A…
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Si vous cherchez un chouette cadeau pour votre petite sœur de 6 ans, ne choisissez certainement pas « Hideout », le dernier manga de Masasumi Kakizaki ! Un manga d’épouvante résolument « seinen » pour inaugurer la section « Lire » de watashinokustu. La couverture est assez explicite, pas besoin de vous faire un (autre) dessin. Ce one-shot de l’auteur de la série Rainbow est sorti chez KI-OON il y a quelques semaines, et mérite vraiment que l’on s’y attarde.
« Hideout », c’est l’histoire d’une longue descente aux enfers. La déchéance d’un homme qui a tout pour être heureux. Le chapitre final d’un auteur à succès qui nous livre son dernier roman. C’est décidé, il veut tuer sa femme…
En lisant le quatrième de couverture, impossible d’imaginer ce qui se “cache” véritablement dans ce « Hideout ». Et pourtant, ça vaut vraiment la peine de se laisser entrainer par ce scénario plein de surprises. Impossible de ne pas être pris d’empathie pour le héros à qui la vie, décidément, ne fait aucun cadeau.
Niveau dessin, mieux vaut avoir le cœur bien accroché. Très réalistes, vous êtes prévenus. La gestion par l’auteur de la (non)luminosité est absolument géniale et sert à merveille le scénario. Concernant le découpage, je suis sûr que vous aurez quelques surprises en tournant les pages. D’ailleurs, à ce propos, je vous mets au défi de ne pas engloutir ce manga d’un trait, tant l’histoire est prenante !
« Hideout », à lire seul et tard le soir…