Billets comportant le tag ijime
Billets comportant le tag ijime
0 notes &
La version mise en page et les photos sont disponibles sur la nouvelle version du blog: http://www.watashinokutsu.be
Surpris, c’est ce que j’ai été en visionnant le film Colorful de Keiichi Hara. Cet anime raconte l’histoire d’un esprit qui doit, contre son gré, revenir sur terre. Ce sera dans le corps de Makoto Kobayashi, un jeune garçon qui a tenté de mettre fin à ses jours. Un nouveau départ compliqué d’une âme greffée sur un corps inconnu et guidée par Purapura, l’envoyé espiègle du monde des morts. Sans connaître son passé, comme être au présent ? Et pour quel futur ? Beaucoup de questions qui trouveront des réponses, à condition de ne pas commettre les mêmes erreurs.
À vrai dire, vu le titre et les quelques images publicitaires aperçues, je m’attendais à un film léger et accessible. Un truc bien « mainstream », rempli de petits lapins jouant à cache-cache avec les arcs-en-ciel.
J’ai vite compris que Colorful ne mangeait pas de ce pain. Que du contraire, le long métrage tire un portrait dur de la famille japonaise moderne. Le gamin a essayé de se suicider : parents absents, frère prodige et harcèlement à l’école. Phénomène d’ailleurs très répandu au Japon et qui a même droit à un joli petit nom : l’ijime. Comme si ce cocktail détonnant ne suffisait pas, il va faire des découvertes assez glauques devant un love-hôtel, je vous passe les détails.
On est donc loin, très loin, du monde mignon des arcs-en-ciel. Ca m’apprendra à ne pas me renseigner sur ce que je regarde. Mais très vite, on apprécie l’originalité et on plonge dans l’histoire. L’empathie joue a plein régime, on se sent mal et on ne peut s’empêcher de lâcher un « mais vas-y enfin, reprend-toi mon gars ! » dans un grand cri aigre-doux perplexe face à l’attitude de Makoto. Car même si certains passages tirent en longueur, ça vaut vraiment la peine de s’accrocher.
Au niveau de l’animation, celle-ci est parfois fort rigide, à l’image des personnages au fond. Si c’est voulu, l’effet est plutôt réussi. Ce n’est de toute façon pas un film de ninjas, l’action attendra… On remarque quelques bonnes idées de mise en scène comme l’ouverture du film notamment. Certains petits détails sont aussi très réalistes et bien trouvés, ce qui vient enrichir le tout.
Si Colorful devait être un « vrai » film, avec de vrais morceaux d’humains dedans j’entends, ce serait plus Tokyo Sonata que l’élève Ducobu. Mais encore faut-il admettre que le deuxième est un « vrai » film, ce que l’on va faire, sinon on ne va jamais s’en sortir.
Que diriez-vous d’une belle lapalissade en guise de conclusion ? Colorful, c’est plein de couleurs ! Et pas seulement celles de l’arc-en-ciel. Il y a aussi le rouge colère, le noir deuil, le vert envie et le jaune trahison. Ce serait donc ça, le message ?
La version mise en page et les photos sont disponibles sur la nouvelle version du blog: http://www.watashinokutsu.be