Billets comportant le tag manga
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Petite chronique rapide de l’une de mes dernières lectures en date : l’affaire Sugaya de Hiroshi Takano et Kenichi Tachibana, paru chez Delcourt, sous le label Akata.
Sugaya, c’est le nom d’un homme emprisonné à tort pendant 17 ans pour un meurtre qu’il n’a pas commis. Dans le cadre d’un nouveau programme de la Nippon Television Network Corporation, une équipe de journalistes décide de replonger dans l’affaire. Il y a vraiment un truc qui cloche. Un doute est possible, d’autant plus que le coupable n’a cessé de clamer son innocence. Ce manga raconte l’enquête, pas à pas, des journalistes qui vont se battre pour trouver la vérité. Kiyoshi Shimizu et de son équipe vont, à leur manière, changer le Japon : c’est en tout cas le slogan de l’émission pour laquelle ils travaillent, Action.
Tout est dit ais-je envie de dire. Car au-delà du speech, rien d’extraordinaire. J’ai trouvé le dessin relativement classique, de bonne qualité mais sans la petite touche supplémentaire qui le rend vraiment original. Il m’a fallu un peu de temps pour rentrer dans ce manga. Et puis, petit à petit, il faut avouer que l’on se prend au jeu. L’effet de réel, couplé à l’entrainement naturel de ce genre d’enquête poussent à toujours vouloir en savoir plus. L’empathie pour l’accusé à tort et le désir de justice suffisent à tenir debout le propos.
[Affaire-Sugaya-3] Si la manière de raconter est carrément moyenne, l’intérêt des faits est lui indéniable. Plus qu’une histoire, on se plonge dans un reportage sur le reportage. Une expérience intéressante qui a le mérite de changer un peu. Un interview de Sugaya-san et Shimizu-san ponctuent intelligement l’ouvrage. Sorte d’adoubement final des principaux acteurs sur la véracité des faits présentes, c’est assez intéressant. On s’amuse d’ailleurs à voir la ressemblance entre les dessins et les protagonistes réels.
Si vous êtes tatillon sur le « média » manga, passez clairement votre chemin. Les clichés de mise en scène et l’abus de certains stéréotypes auront vite fait de vous gâcher le plaisir. Si vous êtes prêt à faire abstraction, et que la lecture du résumé attise votre curiosité, alors vous pouvez sans doute vous laissez tenter…
Vous hésitez encore ? Besoin d’un autre avis ? Il y a une excellente chronique sur ce manga chez les amis de Pandacore.fr.
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« Le manga événement à 3 millions d’exemplaires ». Fallait-il encore en rajouter ? Si vous êtes passés dans votre librairie récemment, vous avez sans doute dû vous arrêter devant la couverture de Thermae Roame. Une statue romaine sur un manga ? Et pourquoi pas ? Écrit par Mari Yamazaki et édité par Casterman sous le label Sakka, je vous propose une critique à chaud du dernier venu dans ma collection.
Thermae Romae est basé sur ce que j’appellerai ici un principe « pépite » qui, à lui seul, vous donne envie et d’en découvrir plus. Vous l’aurez compris, l’idée géniale est ici de nous emmener à Rome, il y a un peu moins de 2000 ans, en 128 de notre ère très exactement. On découvre Lucius, architecte en panne d’inspiration qui n’arrive plus à vendre ses plans. Alors qu’il vient de se faire remercier par son patron, il se rend aux thermes avec un ami. Par une entourloupe scénaristique dont je vous laisse la surprise, il se retrouve alors parachuté dans le Japon… actuel.
Tout le monde s’accordera sur l’originalité du scénario, cela va sans dire. Je ne peux qu’encourager les réticents à essayer car, personnellement, j’ai vraiment adoré ce premier tome. Vous imaginez bien qu’un tel bond historique et culturel donne lieu à des situations tout à fait surréalistes. Mari Yamazaki, qui vit au Portugal et qui est passionnée par l’Europe, nous livre ici un regard croisé absolument savoureux d’un intérêt quasi anthropologique. Onsen japonais et thermes romains, un parallèle étourdissant d’évidence qui unis deux peuples jusque dans leurs moments les plus intimes. Il fallait y penser.
Ce peplum-manga baigne également dans l’humour et dans les références culturelles et historiques. On s’amuse certes, mais on en apprend aussi pas mal sur la vie quotidienne et les habitudes des Romains et des Japonais. Les chapitres sont ponctués par une double page d’explication de l’auteure sur ses recherches documentaires et sur sa démarche. Pour une fois, c’est plutôt bien fait et intéressant.
Concernant le trait, j’ai également été surpris positivement. D’abord, les décors sont très cohérents, bien remplis et détaillés : tout ce que j’aime. Au début, j’ai été dérouté par les personnages romains. Leur style est très différent ce qu’on peut voire habituellement : on sent la volonté de marquer la différence avec les personnages japonais qui, eux, sont dessinés dans un pur style manga. Ça se traduit selon moi surtout au niveau des yeux. Ce qui déroute aussi, c’est une certaine non-expressivité sur les visages de Lucius et de ses amis. Relativement figé, peu naturel, et enchainant les postures caricaturales, de véritables statues habitent ce livre. Et c’est LE coup de maître de Yamazaki qui se mue alors en sculptrice: elle joue constamment et brillamment sur les clichés que nous avons de la « romanité ». Un véritable vent de fraîcheur sur cette époque 1000 fois revisitée. Pour moi, cet aspect justifie à lui seul l’achat de ce manga. Quel plaisir de voir s’animer ces figures de marbres. On jubile.
Je pensais faire une critique rapide, mais il y a tant à dire. Impossible de ne pas parler de l’excellent travail d’adaptation de la version française. Le langage utilisé est châtié et délicieusement rétro. La couche de cohérence supplémentaire qui tient ensemble les pièces de ce bel édifice.
Au final, ce premier tome est absolument indispensable. On ne s’ennuie pas et on s’amuse des allées et venues de notre ami Lucius. Le risque est évidemment que le principe s’essouffle et qu’il lasse sur la longueur. Après un premier tome plus que prometteur, la suite sera-t-elle d’aussi bonne facture ?
Alea jacta est…
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Décidément, je ne suis pas à jour dans mes lectures. Alors que l’événement manga du moment est la sortie de Billy Bat, le dernier manga en date de Naoki Urasawa et de Takashi Nagasaki, je viens seulement de finir la série Pluto, fruit de leur collaboration précédente.
Avec Taniguchi, Urasawa et selon moi un des plus grands « senseï » du manga adulte (seinen) de notre époque. Des styles radicalement différents séparent les deux hommes, mais l’envergure du talent est quant à elle largement partagée. Il est vrai qu’à part Pluto et le début de Monster, je n’ai pas encore beaucoup lu de Urasawa. Pourtant, ces œuvres me procurent un sentiment unique et rare. Ouvrir un Urasawa, c’est être ébloui par la beauté, le réalisme, et la finesse des traits. C’est découvrir des visages au style unique, mais aussi plonger dans un autre monde, un vrai.
Et c’est bien là ce que je préfère chez cet auteur : le gigantisme et la complétude des mondes qui sont offerts à découvrir. On a littéralement le vertige face au nombre de personnages rencontrés et lieux visités. Le lecteur est ici un explorateur conquis et baladé par la plume du maître. Il est aussi psychologue, et il tente de percer les secrets des personnages et de comprendre la nature complexe des relations qu’ils entretiennent entre eux. Rentrer dans des récits aussi complets et cohérents est tout simplement grisant de plaisir et très confortables pour le lecteur qui n’a qu’a se laisser porter par le cours des événements.
Dans Pluto, Naoki Urasawa s’allie une fois de plus à son fidèle coscénariste, Takashi Nagasaki, pour adapter l’histoire d’Astroy Boy du mangaka Osamu Tezuka. Ce dernier est considéré comme l’un des, si pas le, fondateurs du manga moderne. S’attaquer à un tel mythe était donc carrément risqué, voire suicidaire, mais pas pour Urasawa qui revisite le chapitre initialement paru en 1964 et intitulé « Tetsuwan Atomu : le robot le plus puissant du monde… ».
Autant vous l’avouer tout de suite, je n’ai encore jamais lu un manga de Tezuka. Je vois déjà la foule en colère me « cyberlapider » pour cause de blasphème… Je compte bien remédier à cet état de fait au plus vite. Soyons un peu positifs, l’avantage est que cela me permet de vous donner mon avis sur la série Pluto sur ce qu’elle est, et non sur son rapport avec l’œuvre originale.
Dans Pluto, on est enfait plus tard. Futur où êtres humains et robots hyper perfectionnés vivent et meurent ensemble. Et puis un jour, un meurtre : celui de Mont-Blanc, robot surpuissant, héros de guerre, reconverti en garde forestier protecteur des forêts suisses. Le monde entier est bouleversé et l’enquête de l’inspecteur Gesicht peut alors commencer. Une enquête complexe et prenante, riche en rebondissements, qui ne laisse pas de places aux temps morts. Beaucoup d’interrogations qui trouveront leurs réponses à l’issue de l’aventure, laissant le lecteur pantois d’admiration pour l’agencement général du récit. Urasawa et Nagasaki maîtrisent leur narration du début à la fin et distillent savoureusement les éléments de l’intrigue.
C’est donc sur le mode policier que l’on découvre un univers futuriste qui n’en fait jamais trop. On n’est pas assommé par la profusion de gadgets en tout genre, et on se concentre vraiment sur l’essentiel : la relation entre les hommes et robots. Car si je devais définir Pluto sous un seul angle, ce serait celui d’un jeu de frontières, de limites. Celle entre les humains et les robots est sans doute la plus remarquable : qui est qui ? Résumé en 3 mots de la tension faisant constamment progresser le récit. Jeux de frontière également sur la place des personnages : qui est le héros ? Pas mal de surprises aussi de ce côté-là. Et puis, l’éternelle question de la limite entre le bien et le mal. La conclusion du manga est touchante de naïveté et rappel à ceux qui l’auraient oubliée (lisent-ils seulement des mangas ?) leur âme d’enfant.
La cerise sur le gâteau, c’est la magnifique édition où chaque tome débute par quelques pages en couleurs absolument magnifiques. Je suis fan de ce genre d’excursions colorées qui servent magnifiquement de pivot à la suite en noir et blanc. On apprécie également les commentaires présentés à la fin de chaque livre permettant de mettre en perspective la démarche d’Urasawa/Nagasaki et l’ampleur du phénomène Tezuka à l’époque.
Crédibilité des personnages, profondeur de l’univers, suspens et originalité de l’intrigue… autant de caractéristiques de ce tour de force réalisé par des géants du manga contemporain. Naoki Urasawa et Takashi Nagasaki jouent avec le lecteur, c’est clair… La délicieuse impression d’être baladé par des maîtres qui possèdent toujours une longueur d’avance.
Prochaine étape : Tezuka.
Si vous vous intéressez à Urasawa, il y a UN site francophone à découvrir absolument qui lui est entièrement consacré : www.labasesecrete.fr
Les 8 tomes de la série sont déjà tous paru chez Kana.
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Eh oui ! Après seulement quelques mois d’existence, le blog déménage sur www.watashinokutsu.be !
Je n’abandonne par pour autant mes amis tumblr ! Je continuerai pendant un certain temps à publier de nouveaux articles ici aussi !
Mais je vous encourage vivement à venir me rejoindre sur le nouveau site : plus facile, plus joli, plus ergonomique… N’oubliez pas de changer votre flux RSS ;-)
A tout de suite sur www.watashinokutsu.be…
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Le héros de ce manga mange. Non pas qu’il mange entre autres choses, non. Il ne fait que manger ou presque. On ne sait quasi rien de lui, si ce n’est qu’il est importateur d’accessoires de mode. Un concept intrigant et, avouons-le, assez risqué. Sauf que…

Sauf qu’au dessin, c’est Jirô Taniguchi. Vous le connaissez sans doute : il est certainement un des mangakas les plus connus de ce côté-ci du monde. Le public francophone semble vivre une véritable histoire d’amour avec ce dernier et j’ai l’impression que beaucoup sont tombés dans le manga grâce à lui. Il avoue d’ailleurs lui-même être un passionné de BD « franco-belge ». Son œuvre la plus connue est sans doute « Quartier Lointain », qui a été adaptée au cinéma par le réalisateur belge Sam Gabarski.
Pas la peine de vous mentir, je suis fan. Je le considère d’ailleurs comme un des « sensei » du manga contemporain. Je trouve ses dessins magnifiques et touchants. Les regards, mais quels regards ! Taniguchi-san possède son style bien à lui, quitte à s’écarter des « codes » du manga. Certains lui reprochent d’ailleurs son côté occidentalisé : ce ne serait pas du « vrai » manga ! La question des genres et de leurs évolutions est évidemment intéressante, mais certainement pas sur le mode binaire vrai/faux. On évitera donc ici ce genre de considérations.

Dans « Le Gourmet Solitaire », on retrouve tous ce que j’aime chez Taniguchi. Des personnages vivants : il n’est pas besoin de deviner l’émotion de la scène, il suffit juste de l’apprécier. Ce qui fait toute la différence. Concernant les décors, ceux-ci sont plus vrais que nature et très présents. Il donne force et cohérence au récit. On est loin des vides géométriques présents dans certaines autres œuvres, sans pour autant tomber dans la démontratin technique.
Au niveau du scénario, j’ai trouvé très peu d’informations sur Masayuki Kusumi, si ce n’est qu’il a également collaboré avec Jirô Taniguchi pour un manga intitulé « Le Promeneur ». Même si le principe de base du « Gourmet Solitaire » peut faire peur, celui-ci se révèle très intéressant. On accompagne le héros dans ses choix de restaurants, de plats. On vit ses hésitations, ses joies, ses déceptions. Il est vrai que choisir un endroit où manger, surtout lorsqu’on ne connaît pas, peut s’avérer être un casse-tête assez complexe. Qui n’a jamais hésité, tourné en rond plusieurs minutes, avant de finalement se décider à tester ce petit restaurant à l’apparence carrément sordide, mais dont les clients sortent tous-sourires? La postface, une nouvelle écrite par le scénariste, a pour sujet ce genre de petites aventures du quotidien.
Chaque chapitre du manga est composé de 8 pages et porte le nom d’une spécialité régionale. J’ai donc beaucoup appris sur la gastronomie japonaise : certaines cases décrivent même la composition des plats commandés par notre gourmet solitaire. Alors oui, évidemment, je le conseille. Si vous ne connaissez pas Jirô Taniguchi, commencez peut-être par un manga plus « classique », comme « Quartier Lointain », qui est sans doute plus accessible au premier abord. Par contre, si vous hésitiez à franchir le pas par peur du scénario, je vous invite à vous laisser tenter.
Un petit avertissement pour terminer cette chronique: je vous déconseille de lire ce manga avant d’aller dormir, car même si « qui dort dîne », l’appétit, ici, vient en lisant.
« Le Gourmet Solitaire » est paru chez Casterman dans la collection Sakka.
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Dans Sabu et Ichi, on est plongé en plein cœur de la période Edo (1600-1868). Période évidemment fascinante, et largement présente dans notre imaginaire collectif avec les figures du samouraï, du shogun ou de la geisha. Époque où Tokyo ne s’appelait pas encore Tokyo, mais bien… je vous le donne en mille… Edo.
Le manga de Shôtarô Ishinomori est servi par un casting qui, à lui seul, vaut son pesant de cacahuètes. Sabu est un shitappiki, sorte d’inspecteur de police local. Il est expert dans le lancé de corde, pratique qui n’a, malheureusement, jamais connu un franc succès de ce côté-ci de la planète. Ichi, quant à lui, est un masseur aveugle. Derrière ce c.v. pas très sexy se cache en fait un as du maniement du sabre, possédant une intelligence hors pairs et un « cœur à mille yeux ». Manga paru initialement entre 1966 et 1972, l’édition française se propose de réunir les 17 volumes en 4 tomes de plus de 1000 pages chacun. Le prix pourra paraître élevé (29€), impression rapidement balayée par la qualité de l’œuvre, de son édition, et bien sûr,son épaisseur.
Les deux compères, lorsqu’ils ne s’affrontent pas au go, nous proposent de partager leurs enquêtes souvent mouvementées. Car Sabu et Ichi, c’est vraiment ça : une suite de petites histoires absolument géniales. Je ne résiste pas à vous donner quelques titres de chapitres afin de vous mettre l’eau à la bouche : « Les cadavres sans têtes », « Sang et Neige », « Le chien fou »… On n’est pas très loin de la parabole et je ne peux m’empêcher de voir une petite morale à la fin de chaque épisode. Pas la grande Morale non, mais bien la petite morale, cachée et poétique, celle que l’on aime et qui nous touche.
Au niveau du dessin, le style est évidemment très différent de ce qui se fait actuellement. J’ai particulièrement apprécié l’évolution au fil du tome : sur 1000 pages, en plus de suivre la progression des personnages, on suit l’évolution du mangaka qui s’affirme et mûrit son style. Lien absolument génial entre le récit et la façon dont il est raconté. Rien que pour ça, cela vaut la peine de jeter un œil et de comparer la première page avec la dernière. Concernant les dialogues, ils ont parfois l’air de sortir de vieux films d’action, ce qui accentue sympathiquement le côté « rétro » de Sabu et Ichi. Regardez d’ailleurs cette planche trouvée au hasard de mes recherches sur internet…

Paru chez Kana, dans la collection Sensei, on peut saluer le gros travail de l’éditeur concernant l’adaptation. Pas toujours simple de comprendre les références de l’époque, mais celles-ci sont bien expliquées dans de nombreux commentaires. L’avantage est qu’on en apprend beaucoup, même si parfois, le rythme de lecture en pâtit un peu. Quelques points négatifs sont malgré tout à signaler. Je dois admettre que j’ai parfois du mal à comprendre la logique de certains passages. Il est aussi difficile de distinguer certains personnages secondaires, notamment féminins, qui ont une fâcheuse tendance à se ressembler. J’avais également éprouvé les mêmes difficultés en lisant l’excellent Kuzuryû, du même auteur et paru dans la même collection (…et que je vous recommande !). Autre époque, autre bout du monde, ceci explique sans doute cela. Mais pas la peine de s’affoler, le tout reste très accessible et plaisant à lire. Dernier petit détail pratique, la grosseur du tome ne rend pas sa lecture toujours très confortable, même si l’on apprécie le format plus grand la moyenne.
En conclusion, il serait plus que triste d’attaquer ce manga fleuve en sprintant, sous peine d’overdose. Non, au contraire, je vous conseille de vous faire plaisir et de le déguster chapitre par chapitre, progressivement. Ce manga de Shôtarô Ishinomori a vraiment une saveur particulière, pour qui saura prendre son temps…
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Comme annoncé sur Twitter (@watashinokutsu pour les distraits), j’ai eu la chance de passer une journée 100% japonaise en plein coeur de Bruxelles. Bien évidemment, je vais me faire un plaisir de vous détailler cette aventure sur le blog dans les semaines à venir…
Rendez-vous donc au numéro 123 de l’Avenue des Meuniers pour le départ de cette journée. Pour bien commencer, nous avions décidé de nous rendre dans une librairie japonaise bruxelloise : Aoki Shoten.
Première surprise, au bout du cul-de-sac, la « Japanese School of Brussels ». Je ne savais pas qu’un tel établissement existait en Belgique. Arrivé sur le temps midi, en pleine sortie d’école, j’ai eu la chance de me rendre compte de l’importance de la diaspora japonaise présente dans notre capitale. Après ce petit tour du quartier, je suis donc rentré dans ce que le ZOOM Japon (N.15, novembre 2011) présente comme « la seule librairie-papeterie japonaise de Belgique ». Pas la peine de tourner autour du pot, ce fut un moment très authentique, dès le pas de la porte franchi. L’accueil chaleureux est en japonais, mais vu nos têtes de gaijin et mon faible niveau dans la langue, le français a ensuite été de mise.
La première impression est assez déroutante : fini les inscriptions en romaji, sauf sur les dictionnaires et les ouvrages destinés à l’apprentissage de la langue. C’est ce qui m’a le plus séduit : la libraire et véritablement destinée aux Japonais de Belgique. Vous y trouverez donc romans, magazines, journaux, … Un bel aperçu de ce qui doit se vendre à l’autre bout du monde.
La librairie possède également une belle collection de livres pour enfants. Ce qui est évidemment intéressant pour les débutants, qui commencent rarement une langue par des traités de philosophie, ou des analyses politico-économiques de conflits armés… Une belle opportunité de trouver des ouvrages simples écrits principalement en hiragana/katakana/furigana.
Librairie japonaise oblige, vous trouverez également quelques mangas en V.O, neufs et d’occasion. Le choix est relativement limité et assez ciblé enfance. J’ai malgré tout trouvé un exemplaire du tome 5 de « Pluto » de Naoki Urasawa à un prix plus que démocratique. Pour couronner le tout, vous aurez également droit à un assortiment de fournitures scolaires, toutes plus kawaii les unes que les autres. La gomme en forme de maki est d’ailleurs totalement inévitable.
Voici une petite photo de mes achats : Pluto, un livre d’histoires niveau 1ère primaire et un guide de conversation illustré:
Et les prix, me direz-vous ? Importation oblige, ils sont relativement élevés, sauf pour les mangas d’occasion. Mais que cela ne vous fasse pas peur, et au pire, contentez vous d’y aller faire un tour pour prendre un petit bol d’air japonais en attendant le départ. Si vous êtes perdu, n’hésitez pas à demander conseil, je suis sûr que l’on se fera un plaisir de vous aider…
Groupe Facebook de Aoki Shoten
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“Ce livre est le dernier que je dédie à ma défunte femme, Kiho. À tous ceux qui ont perdu un être cher. À tous ceux qui ont des êtres chers auprès d’eux - Juin 2010 - Kentarô Ueno”.
C’est ainsi que commence “Sans même nous dire au revoir”, un manga exceptionnel paru récemment chez Kana. Dés la couverture, le ton est donné : les larmes se superposent au dessin. Le mangaka, se définissant lui-même comme étant d’habitude “humoristique et satirique”, nous raconte ici comment il a vécu le décès soudain de sa femme. Une œuvre autobiographique, qui raconte l’auteur et se raconte. Le récit, jour après jour, du deuil d’un mari devant malgré tout rester père… D’un mangaka voulant à tout prix continuer à dessiner…
Un manga d’une rare émotion, évidemment. L’histoire simple d’un drame pouvant arriver à n’importe qui, n’importe quand. C’est cette banalité, ce “en-le-commun”, qui donne toute sa force à ce récit. Un morceau triste d’une vie particulière, qui pourtant touche à l’universalité de l’émotion… de l’être l’humain.
Cependant, l’émotion ne fait pas tout. Il est vrai que ce manga est parfois décousu, pas toujours sublime, mais quel exploit d’arriver à sortir une production d’une si grande sincérité face à une telle épreuve. L’auteur réalise un coup de maître : malgré la douleur et l’atrocité des événements, il nous livre un excellent manga, tout simplement. Kentarô Ueno arrive à mettre des traits et partager à sa façon de vivre l’incompréhensible de l’existence, l’injustice finale, la mort de ceux que l’on aime… C’est ce qui m’a le plus touché : la simplicité avec laquelle ce manga a été dessiné. Sans maquillage et sans fioriture. Un manga qui est et sera lu: la plus belle preuve d’amour pour sa femme…?
Ce manga aurait pu être un “regardez-moi” ou “un coup commercial”. Mais c’est tout l’inverse : juste un “voici mon histoire et la manière dont je l’ai vécue” et un “je t’aime”. Vous l’aurez compris, ce manga n’est pas un manga ordinaire… Vous aimerez, ou pas, mais je suis sûr qu’il vous marquera… Et si ça m’arrivait ?
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Si vous cherchez un chouette cadeau pour votre petite sœur de 6 ans, ne choisissez certainement pas « Hideout », le dernier manga de Masasumi Kakizaki ! Un manga d’épouvante résolument « seinen » pour inaugurer la section « Lire » de watashinokustu. La couverture est assez explicite, pas besoin de vous faire un (autre) dessin. Ce one-shot de l’auteur de la série Rainbow est sorti chez KI-OON il y a quelques semaines, et mérite vraiment que l’on s’y attarde.
« Hideout », c’est l’histoire d’une longue descente aux enfers. La déchéance d’un homme qui a tout pour être heureux. Le chapitre final d’un auteur à succès qui nous livre son dernier roman. C’est décidé, il veut tuer sa femme…
En lisant le quatrième de couverture, impossible d’imaginer ce qui se “cache” véritablement dans ce « Hideout ». Et pourtant, ça vaut vraiment la peine de se laisser entrainer par ce scénario plein de surprises. Impossible de ne pas être pris d’empathie pour le héros à qui la vie, décidément, ne fait aucun cadeau.
Niveau dessin, mieux vaut avoir le cœur bien accroché. Très réalistes, vous êtes prévenus. La gestion par l’auteur de la (non)luminosité est absolument géniale et sert à merveille le scénario. Concernant le découpage, je suis sûr que vous aurez quelques surprises en tournant les pages. D’ailleurs, à ce propos, je vous mets au défi de ne pas engloutir ce manga d’un trait, tant l’histoire est prenante !
« Hideout », à lire seul et tard le soir…