{わたしのくつ} watashinokutsu

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Billets comportant le tag otaku

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Le blog déménage : www.watashinokutsu.be

Eh oui ! Après seulement quelques mois d’existence, le blog déménage sur www.watashinokutsu.be !

Je n’abandonne par pour autant mes amis tumblr ! Je continuerai pendant un certain temps à publier de nouveaux articles ici aussi !

Mais je vous encourage vivement à venir me rejoindre sur le nouveau site : plus facile, plus joli, plus ergonomique… N’oubliez pas de changer votre flux RSS ;-)

A tout de suite sur www.watashinokutsu.be

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“Sabu et Ichi” - Starsky et Hutch en kimono…

Dans Sabu et Ichi, on est plongé en plein cœur de la période Edo (1600-1868). Période évidemment fascinante, et largement présente dans notre imaginaire collectif avec les figures du samouraï, du shogun ou de la geisha. Époque où Tokyo ne s’appelait pas encore Tokyo, mais bien… je vous le donne en mille… Edo.

Le manga de Shôtarô Ishinomori est servi par un casting qui, à lui seul, vaut son pesant de cacahuètes. Sabu est un shitappiki, sorte d’inspecteur de police local. Il est expert dans le lancé de corde, pratique qui n’a, malheureusement, jamais connu un franc succès de ce côté-ci de la planète. Ichi, quant à lui, est un masseur aveugle. Derrière ce c.v. pas très sexy se cache en fait un as du maniement du sabre, possédant une intelligence hors pairs et un « cœur à mille yeux ». Manga paru initialement entre 1966 et 1972, l’édition française se propose de réunir les 17 volumes en 4 tomes de plus de 1000 pages chacun. Le prix pourra paraître élevé (29€), impression rapidement balayée par la qualité de l’œuvre, de son édition, et bien sûr,son épaisseur.

Les deux compères, lorsqu’ils ne s’affrontent pas au go, nous proposent de partager leurs enquêtes souvent mouvementées. Car Sabu et Ichi, c’est vraiment ça : une suite de petites histoires absolument géniales. Je ne résiste pas à vous donner quelques titres de chapitres afin de vous mettre l’eau à la bouche : « Les cadavres sans têtes », « Sang et Neige », « Le chien fou »… On n’est pas très loin de la parabole et je ne peux m’empêcher de voir une petite morale à la fin de chaque épisode. Pas la grande Morale non, mais bien la petite morale, cachée et poétique, celle que l’on aime et qui nous touche.

Au niveau du dessin, le style est évidemment très différent de ce qui se fait actuellement. J’ai particulièrement apprécié l’évolution au fil du tome : sur 1000 pages, en plus de suivre la progression des personnages, on suit l’évolution du mangaka qui s’affirme et mûrit son style. Lien absolument génial entre le récit et la façon dont il est raconté. Rien que pour ça, cela vaut la peine de jeter un œil et de comparer la première page avec la dernière. Concernant les dialogues, ils ont parfois l’air de sortir de vieux films d’action, ce qui accentue sympathiquement le côté « rétro » de Sabu et Ichi. Regardez d’ailleurs cette planche trouvée au hasard de mes recherches sur internet…

Paru chez Kana, dans la collection Sensei, on peut saluer le gros travail de l’éditeur concernant l’adaptation. Pas toujours simple de comprendre les références de l’époque, mais celles-ci sont bien expliquées dans de nombreux commentaires. L’avantage est qu’on en apprend beaucoup, même si parfois, le rythme de lecture en pâtit un peu. Quelques points négatifs sont malgré tout à signaler. Je dois admettre que j’ai parfois du mal à comprendre la logique de certains passages. Il est aussi difficile de distinguer certains personnages secondaires, notamment féminins, qui ont une fâcheuse tendance à se ressembler. J’avais également éprouvé les mêmes difficultés en lisant l’excellent Kuzuryû, du même auteur et paru dans la même collection (…et que je vous recommande !). Autre époque, autre bout du monde, ceci explique sans doute cela. Mais pas la peine de s’affoler, le tout reste très accessible et plaisant à lire. Dernier petit détail pratique, la grosseur du tome ne rend pas sa lecture toujours très confortable, même si l’on apprécie le format plus grand la moyenne.

En conclusion, il serait plus que triste d’attaquer ce manga fleuve en sprintant, sous peine d’overdose. Non, au contraire, je vous conseille de vous faire plaisir et de le déguster chapitre par chapitre, progressivement. Ce manga de Shôtarô Ishinomori a vraiment une saveur particulière, pour qui saura prendre son temps…

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Radwimps

Toujours dans l’idée d’explorer différents aspects de la culture japonaise, j’écoutais il y a quelques jours des « Top Oricon » disponibles sur youtube. Ces hits-parades japonais sont, pour le meilleur et pour le pire, un bon aperçu de ce qui transite par les écouteurs de nos amis du bout du monde.

Malgré une oreille souvent trop « difficile » et perméable, j’ai eu l’attention attirée par un groupe: Radwimps. Ce groupe rock m’a interpellé, aussi bien au niveau visuel que sonore et j’ai eu l’envie de vous faire partager cette découverte. Radwimps (littéralement « super-mauviettes » (source) s’est formé en 2001 et à sorti à ce jour 6 albums, dont le dernier en 2011.

Autant vous le dire tout de suite, de ce que j’ai pu écouter, je n’ai pas tout aimé. Mais 2 chansons m’ont particulièrement plu : {おしゃかしゃま} et DADA.

Pour la première, j’ai beaucoup aimé le riff guitare : complexe mais efficace, un juste milieu. La fin part un peu en sucette, mais pourquoi pas ? Je vous conseille de l’écouter plusieurs fois : à la première écoute, j’ai pas du tout accroché.

Concernant la chanson “Dada”, j’ai trouvé le clip terrible. Le tout est très sympa, bouge bien, et puis en étant motivé, on peut essayer de suivre les “sous-titres”…

Évidemment, niveau paroles, je ne comprend pas (encore)… mais j’y travaille…!

Sources :

http://www.nautiljon.com/people/radwimps.html http://en.wikipedia.org/wiki/Radwimps

Site officiel :

http://radwimps.jp/

Ami lecteur, n’hésite pas à partager avec moi tes bon plans musicaux dans les commentaires ci-dessous, sur facebook ou sur twitter ! Je suis toujours à la recherche de nouvelles découvertes!

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The Taste of Tea {茶の味} – Katsuhito Ishii

J’ai récemment posté sur le blog la chanson “Yamayo Yamayo” extraite du film The Taste of Tea sorti en 2004. Extrait, cela dit en passant, absolument pas représentatif du reste du film… quoi que !

L’histoire se résume facilement: on suit le quotidien d’une famille, les Haruno, habitant dans un village de la campagne japonaise. Le récit avance au fur et à mesure de tranches de vie des 6 protagonistes principaux : Hajime, le fils , sa petite soeur Ayano, leurs parents, leur oncle et leur grand père assez… loufoque ! Cinq destins différents, qui se croisent pourtant dans la maison de famille, véritable scène principale de l’action.

A la fin du film, j’avoue que je suis resté assez perplexe sans savoir si j’avais apprécié ou pas. Après quelques semaines, j’ai revu par hasard un extrait du film à l’occasion de mon cours de japonais… C’est à ce moment que toute la qualité de l’oeuvre m’a sauté aux yeux. Cet extrait montrait plusieurs scènes qui, a priori, n’avaient aucun point commun, suscitant d’ailleurs des réactions plus que dubitatives des autres étudiants. Pourtant, en ayant vu le film, je pouvais comprendre chacun des passages en les reliant au destin personnel des protagonistes. La prouesse du réalisateur se situe là : il arrive au final à donner une véritable cohérence à toutes ces histoires, articulant le tout en un film résolument original.

Il est vrai que certains passages sont plus obscurs, et qu’il n’est pas toujours facile, avec notre esprit occidental, de comprendre la portée symbolique de certaines scènes. Le rythme du film, et plus particulièrement son début, peut quant à lui paraître particulièrement lent. Pourtant, je pense vraiment qu’il mérite qu’on s’y attarde. Profondément poétique, Katsuhito Ishii propose une histoire simple et anodine. Cette “gratuité” du récit est quelque chose que j’apprécie vraiment, l’art de raconter l’ordinaire. Repeindre le-tout-les-jours et le monsieur-tout-le-monde est pour moi exploit. En ce sens, je rapprocherais d’ailleurs le “gout du thé” à un manga comme Undercurrent de Tetsuya Toyoda. Pas de message caché, de morale, ou d’intention volontaire de divertir. Juste un appel à rentrer dans un monde, à la fois terriblement proche, mais constamment “à côté”. Cet écart systématique est une autre caractéristique qui me fascine dans la culture japonaise, et qui est illustrée à merveille dans ce film. Il y a souvent ce quelque chose qui “cloche”, un point incompréhensible, fou, qui oblige à s’interroger sur ce qu’on est, et sur la culture dans laquelle on vit.

Je pense que ça vaut la peine de se laisser tenter par The Taste of Tea, qui en définitive, me laisse une bonne impression. J’ai vraiment le sentiment d’avoir vu un OVNI cinématographique. Sans doute parce que je suis novice dans le cinéma japonais, mais aussi parce que ce film propose une expérience très différente. Et puis, si ça peut vous encourager, j’ai trouvé la fin vraiment magnifique.

Un film à essayer donc, mais sans se forcer…

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“Sans même nous dire au revoir” - Kentarô Ueno

“Ce livre est le dernier que je dédie à ma défunte femme, Kiho. À tous ceux qui ont perdu un être cher. À tous ceux qui ont des êtres chers auprès d’eux - Juin 2010 - Kentarô Ueno”.

C’est ainsi que commence “Sans même nous dire au revoir”, un manga exceptionnel paru récemment chez Kana. Dés la couverture, le ton est donné : les larmes se superposent au dessin. Le mangaka, se définissant lui-même comme étant d’habitude “humoristique et satirique”, nous raconte ici comment il a vécu le décès soudain de sa femme. Une œuvre autobiographique, qui raconte l’auteur et se raconte. Le récit, jour après jour, du deuil d’un mari devant malgré tout rester père… D’un mangaka voulant à tout prix continuer à dessiner…

Un manga d’une rare émotion, évidemment. L’histoire simple d’un drame pouvant arriver à n’importe qui, n’importe quand. C’est cette banalité, ce “en-le-commun”, qui donne toute sa force à ce récit. Un morceau triste d’une vie particulière, qui pourtant touche à l’universalité de l’émotion… de l’être l’humain.

Cependant, l’émotion ne fait pas tout. Il est vrai que ce manga est parfois décousu, pas toujours sublime, mais quel exploit d’arriver à sortir une production d’une si grande sincérité face à une telle épreuve. L’auteur réalise un coup de maître : malgré la douleur et l’atrocité des événements, il nous livre un excellent manga, tout simplement. Kentarô Ueno arrive à mettre des traits et partager à sa façon de vivre l’incompréhensible de l’existence, l’injustice finale, la mort de ceux que l’on aime… C’est ce qui m’a le plus touché : la simplicité avec laquelle ce manga a été dessiné. Sans maquillage et sans fioriture. Un manga qui est et sera lu: la plus belle preuve d’amour pour sa femme…?

Ce manga aurait pu être un “regardez-moi” ou “un coup commercial”. Mais c’est tout l’inverse : juste un “voici mon histoire et la manière dont je l’ai vécue” et un “je t’aime”. Vous l’aurez compris, ce manga n’est pas un manga ordinaire… Vous aimerez, ou pas, mais je suis sûr qu’il vous marquera… Et si ça m’arrivait ?

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“Japon, la fabrique des futurs” - Jean-François Sabouret

“Japon, la fabrique des futurs” est un tout petit livre (78 pages) avec un tout petit prix (4€) que je vous conseille vraiment si vous avez envie d’en apprendre un peu plus sur le Japon. L’auteur, Jean-François Sabouret est un sociologue français s’intéressant notamment à l’éducation et à la société japonaise. Il a été directeur de recherche au CNRS et est le directeur du réseau Asie - Imasie depuis 2006.

Il propose un véritable regard transversal sur le pays, en abordant de front des questions liées à la culture, l’économie, la politique… Regard scientifique certes, mais accessible grâce à un bonne vulgarisation et à un style d’écriture agréable. L’auteur place donc le Japon dans sa trajectoire temporelle, replongeant dans l’histoire du pays pour analyser ses perspectives d’avenir. Longtemps pressenti comme nouveau leader mondial, devant les USA et la Chine, il occupe actuellement la troisième place. Jean-François Sabouret place aussi l’archipel dans son contexte géopolitique en abordant notamment les relations “amour-haine” avec la Chine. L’auteur soulève aussi la question d’une possible “Union asiatique” dans un futur plus ou moins proche, ressemblant à ce que nous connaissons avec l’Union européenne.

Quelques chiffres cités par l’auteur et qui m’ont particulièrement frappé:

- Tokyo, c’est 42 millions d’habitants répartis sur la plaine du Kanto. Un chiffre inconcevable lorsque l’on habite dans un pays de 11 millions d’habitants et quand l’on sait que cette plaine fait justement la même superficie que ce pays, la Belgique.
- Il y a environ 22 milliards de passagers dans les trains japonais chaque année.
- Le Japon est un archipel de 6852 îles…

Au delà de ces chiffres vertigineux, j’ai particulièrement été frappé par les notions japonaises de propriété immobilière et foncière qui sont complètement différentes. A causes des nombreux (micro)séismes, l’auteur affirme qu’il est nécessaire de reconstruire les maisons tous les 30 ans environs. L’important est donc d’avoir un terrain qui perdurera, même en cas de séisme, plutôt qu’une maison qui risque de disparaître. Des conceptions de l”avoir” et du “chez-soi” radicalement différentes de celles d’ici.

L’auteur aborde également la pensée “cool Japan” omniprésente actuellement, et dont ce blog est un des nombreux avatars présents sur la toile. Ce phénomène est comparable à une pensée “cool USA” apparue à l’issue de la deuxième guerre mondiale, et concrétisée par la diffusion en masse de musique, de films et bien sûr, de produits américains. La question qui me vient immédiatement à l’esprit est : pourquoi ? Pourquoi ce pays nous/me fascine tant ? La réponse à cette question est forcément complexe et je tenterai de vous amener, cher lecteurs, quelques pistes de réflexions sur ce blog au fur et à mesure de mes inspirations…

Vous l’aurez compris, j’ai apprécié cette lecture qui propose une synthèse plaisante et accessible de quelques notions clés pour bien comprendre le pays du soleil levant (zut, je m’étais juré de ne jamais utiliser ce synonyme…).

Pour aller plus loin :

Une interview de Jean-Francois Sabouret sur le tsunami du 11 mars sur le blog de Leïla Marchand.

Une interview de l’auteur réalisée par Le Monde sur l’art de vivre japonais.

Une interview radio réalisée par France Info à propos du livre.

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