{わたしのくつ} watashinokutsu

Comprendre,Voir,Lire,Ecouter,Goûter,Parler...Etcaetera

Billets comportant le tag urasawa

0 notes &

Pluto, retour gagnant vers le futur.

La version mise en page et les photos sont disponibles sur la nouvelle version du blog: http://www.watashinokutsu.be

Décidément, je ne suis pas à jour dans mes lectures. Alors que l’événement manga du moment est la sortie de Billy Bat, le dernier manga en date de Naoki Urasawa et de Takashi Nagasaki, je viens seulement de finir la série Pluto, fruit de leur collaboration précédente.

Avec Taniguchi, Urasawa et selon moi un des plus grands « senseï » du manga adulte (seinen) de notre époque. Des styles radicalement différents séparent les deux hommes, mais l’envergure du talent est quant à elle largement partagée. Il est vrai qu’à part Pluto et le début de Monster, je n’ai pas encore beaucoup lu de Urasawa. Pourtant, ces œuvres me procurent un sentiment unique et rare. Ouvrir un Urasawa, c’est être ébloui par la beauté, le réalisme, et la finesse des traits. C’est découvrir des visages au style unique, mais aussi plonger dans un autre monde, un vrai.

Et c’est bien là ce que je préfère chez cet auteur : le gigantisme et la complétude des mondes qui sont offerts à découvrir. On a littéralement le vertige face au nombre de personnages rencontrés et lieux visités. Le lecteur est ici un explorateur conquis et baladé par la plume du maître. Il est aussi psychologue, et il tente de percer les secrets des personnages et de comprendre la nature complexe des relations qu’ils entretiennent entre eux. Rentrer dans des récits aussi complets et cohérents est tout simplement grisant de plaisir et très confortables pour le lecteur qui n’a qu’a se laisser porter par le cours des événements.


Dans Pluto, Naoki Urasawa s’allie une fois de plus à son fidèle coscénariste, Takashi Nagasaki, pour adapter l’histoire d’Astroy Boy du mangaka Osamu Tezuka. Ce dernier est considéré comme l’un des, si pas le, fondateurs du manga moderne. S’attaquer à un tel mythe était donc carrément risqué, voire suicidaire, mais pas pour Urasawa qui revisite le chapitre initialement paru en 1964 et intitulé « Tetsuwan Atomu : le robot le plus puissant du monde… ».

Autant vous l’avouer tout de suite, je n’ai encore jamais lu un manga de Tezuka. Je vois déjà la foule en colère me « cyberlapider » pour cause de blasphème… Je compte bien remédier à cet état de fait au plus vite. Soyons un peu positifs, l’avantage est que cela me permet de vous donner mon avis sur la série Pluto sur ce qu’elle est, et non sur son rapport avec l’œuvre originale.

Dans Pluto, on est enfait plus tard. Futur où êtres humains et robots hyper perfectionnés vivent et meurent ensemble. Et puis un jour, un meurtre : celui de Mont-Blanc, robot surpuissant, héros de guerre, reconverti en garde forestier protecteur des forêts suisses. Le monde entier est bouleversé et l’enquête de l’inspecteur Gesicht peut alors commencer. Une enquête complexe et prenante, riche en rebondissements, qui ne laisse pas de places aux temps morts. Beaucoup d’interrogations qui trouveront leurs réponses à l’issue de l’aventure, laissant le lecteur pantois d’admiration pour l’agencement général du récit. Urasawa et Nagasaki maîtrisent leur narration du début à la fin et distillent savoureusement les éléments de l’intrigue.

C’est donc sur le mode policier que l’on découvre un univers futuriste qui n’en fait jamais trop. On n’est pas assommé par la profusion de gadgets en tout genre, et on se concentre vraiment sur l’essentiel : la relation entre les hommes et robots. Car si je devais définir Pluto sous un seul angle, ce serait celui d’un jeu de frontières, de limites. Celle entre les humains et les robots est sans doute la plus remarquable : qui est qui ? Résumé en 3 mots de la tension faisant constamment progresser le récit. Jeux de frontière également sur la place des personnages : qui est le héros ? Pas mal de surprises aussi de ce côté-là. Et puis, l’éternelle question de la limite entre le bien et le mal. La conclusion du manga est touchante de naïveté et rappel à ceux qui l’auraient oubliée (lisent-ils seulement des mangas ?) leur âme d’enfant.

La cerise sur le gâteau, c’est la magnifique édition où chaque tome débute par quelques pages en couleurs absolument magnifiques. Je suis fan de ce genre d’excursions colorées qui servent magnifiquement de pivot à la suite en noir et blanc. On apprécie également les commentaires présentés à la fin de chaque livre permettant de mettre en perspective la démarche d’Urasawa/Nagasaki et l’ampleur du phénomène Tezuka à l’époque.

Crédibilité des personnages, profondeur de l’univers, suspens et originalité de l’intrigue… autant de caractéristiques de ce tour de force réalisé par des géants du manga contemporain. Naoki Urasawa et Takashi Nagasaki jouent avec le lecteur, c’est clair… La délicieuse impression d’être baladé par des maîtres qui possèdent toujours une longueur d’avance.

Prochaine étape : Tezuka.

Si vous vous intéressez à Urasawa, il y a UN site francophone à découvrir absolument qui lui est entièrement consacré : www.labasesecrete.fr

Les 8 tomes de la série sont déjà tous paru chez Kana.

La version mise en page et les photos sont disponibles sur la nouvelle version du blog: http://www.watashinokutsu.be

Classé dans manga seinen japon japan livre policier sciencefiction enquête intrigue énigme seinen sensei naoki urasawa osamu tezuka nagasaki pluto astro boy gesicht

1 note &

Aoki Shoten, une librairie 100% japonaise à Bruxelles.

Comme annoncé sur Twitter (@watashinokutsu pour les distraits), j’ai eu la chance de passer une journée 100% japonaise en plein coeur de Bruxelles. Bien évidemment, je vais me faire un plaisir de vous détailler cette aventure sur le blog dans les semaines à venir…

Photo: watashinokutsu

Rendez-vous donc au numéro 123 de l’Avenue des Meuniers pour le départ de cette journée. Pour bien commencer, nous avions décidé de nous rendre dans une librairie japonaise bruxelloise : Aoki Shoten.

Première surprise, au bout du cul-de-sac, la « Japanese School of Brussels ». Je ne savais pas qu’un tel établissement existait en Belgique. Arrivé sur le temps midi, en pleine sortie d’école, j’ai eu la chance de me rendre compte de l’importance de la diaspora japonaise présente dans notre capitale. Après ce petit tour du quartier, je suis donc rentré dans ce que le ZOOM Japon (N.15, novembre 2011) présente comme « la seule librairie-papeterie japonaise de Belgique ». Pas la peine de tourner autour du pot, ce fut un moment très authentique, dès le pas de la porte franchi. L’accueil chaleureux est en japonais, mais vu nos têtes de gaijin et mon faible niveau dans la langue, le français a ensuite été de mise.

Photo: watashinokutsu

La première impression est assez déroutante : fini les inscriptions en romaji, sauf sur les dictionnaires et les ouvrages destinés à l’apprentissage de la langue. C’est ce qui m’a le plus séduit : la libraire et véritablement destinée aux Japonais de Belgique. Vous y trouverez donc romans, magazines, journaux, … Un bel aperçu de ce qui doit se vendre à l’autre bout du monde.

La librairie possède également une belle collection de livres pour enfants. Ce qui est évidemment intéressant pour les débutants, qui commencent rarement une langue par des traités de philosophie, ou des analyses politico-économiques de conflits armés… Une belle opportunité de trouver des ouvrages simples écrits principalement en hiragana/katakana/furigana.

Librairie japonaise oblige, vous trouverez également quelques mangas en V.O, neufs et d’occasion. Le choix est relativement limité et assez ciblé enfance. J’ai malgré tout trouvé un exemplaire du tome 5 de « Pluto » de Naoki Urasawa à un prix plus que démocratique. Pour couronner le tout, vous aurez également droit à un assortiment de fournitures scolaires, toutes plus kawaii les unes que les autres. La gomme en forme de maki est d’ailleurs totalement inévitable.

Voici une petite photo de mes achats : Pluto, un livre d’histoires niveau 1ère primaire et un guide de conversation illustré:

Photo: watashinokutsu

Et les prix, me direz-vous ? Importation oblige, ils sont relativement élevés, sauf pour les mangas d’occasion. Mais que cela ne vous fasse pas peur, et au pire, contentez vous d’y aller faire un tour pour prendre un petit bol d’air japonais en attendant le départ. Si vous êtes perdu, n’hésitez pas à demander conseil, je suis sûr que l’on se fera un plaisir de vous aider…

Groupe Facebook de Aoki Shoten

Classé dans Lire Japon Japonais Japan Asie Aoki Shoten Livre Libraire Papeterie Belgique Bruxelles Hiragana Katakana Furigana Pluto Naoki Urasawa Manga Brussels Japanese Romaji Gaijin Maki